Forum du groupe de travail pour une Constituante


    Demandez le programme !!!

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    miguel...

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    Demandez le programme !!!

    Message  miguel... le Ven 20 Avr - 4:47

    pour ceux qui ont encore l'envie de lire un peu, plutôt que de regarder les grandes messes (et messies), sur petit écran...
    je vous propose de parcourir le programme du NPA.
    http://poutou2012.org/-Dossiers-

    Pour info : Poutou est le seul candidat qui soit ouvrier
    qui soit syndiqué à la CGT tout en réclamant une sortie rapide du nucléaire
    qui bosse dans une usine qui fabrique des pièces pour bagnole tout en disant qu'on peut remplacer cette production par la fabrication de moteurs pour éoliennes (par exemple) sans toucher aux emplois.


    PS : J'étais à une conférence de Y.Cochet, soutien de Joly qui à la question : "l'écologie est-elles compatible avec le capitalisme ?"
    ... répondait : "non, pas plus que le productivisme"
    Anticapitalisme, Antiproductivisme, merci mr Cochet, je rajouterai Antiracisme et on a notre triple A...


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    sitouayain

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    Re: Demandez le programme !!!

    Message  sitouayain le Ven 20 Avr - 8:19

    très beau programme, on dirait l'humain d'abord avec des plus qui auraient mérité d'y figurer, si le NPA s'était intégré au front, nul doute que cela serait passé, sauf le nucléaire bien sûr, mais pour en sortir rapidement, encore faut-il avoir le pouvoir...

    et si le candidat ne vous va pas, vous auriez pu voter pour un autre...

    la transformation des usines par les ouvriers et l'antiproductivisme c'est l'esprit-même de la planification écologique,

    de toute façon, n'en déplaise aux professionnels comme Krivine, je voterai toujours pour l'union, peut importe le métier du candidat et sa tronche, il faut être forts et unis malgré les divergences,

    comme l'a dit une de vos porte-parole, lors d'une grand-messe que vous ne dénigreriez pas si c'était le NPA qui l'avait réussie...

    l'honneur de l'ouvrier-candidat serait de se désister, pour faire gagner son peuple, et au moins mettre la le pen loin derrière!

    miguel...

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    Re: Demandez le programme !!!

    Message  miguel... le Ven 20 Avr - 14:16

    sitouayain a écrit:je voterai toujours pour l'union, peut importe le métier du candidat et sa tronche, il faut être forts et unis malgré les divergences
    Mouais, pas tout à fait d'accord...


    sitouayain a écrit:comme l'a dit une de vos porte-parole lors d'une grand-messe que vous ne dénigreriez pas si c'était le NPA qui l'avait réussie...
    non, on ne dénigre pas, en parlant de grand-messe je ne visais pas le front de gauche en particulier, c'est vrai pour tous les gros candidats, et c'est vrai aussi qu'une dynamique s'est créée autour de Mélenchon mais il se met tellement en scène, avec une telle gravité, que c'est juste du théâtre, mais ça n'engage que moi.

    Ensuite ce front de gauche (qui n'est pas un front anticapitaliste) on jugera de sa solidité dans les tout prochains temps.

    Peut-être qu'on pourra faire un bloc, tous ensemble (peut-être même avec les verts s'ils arrêtent de faire leurs calculs électoraux pourris).
    sitouayain a écrit:l'honneur de l'ouvrier-candidat serait de se désister, pour faire gagner son peuple, et au moins mettre la le pen loin derrière!
    Déconne pas Sitouayain, c'est pas son peuple

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    Re: Demandez le programme !!!

    Message  sitouayain le Ven 20 Avr - 21:03

    en gros on est d'accord,

    tout ce que j'espère, c'est qu'on puisse définir un modus operandi bien démocratique à l'intérieur d'un mouvement structuré sur des bases démocratiques, qui relègue le pouvoir des appareils à l'arrière plan pour lui substituer celui de la base, tout en gardant bien sûr l'indépendance de chaque courant,*vous avez un bon savoir-faire là-dessus au NPA, chez les verts aussi (en moins bon), on en a besoin à gauche et on à besoin de faire vivre la démocratie à l'intérieur du mouvement, d'apprentissages pratiques, de refondations théoriques et stratégiques, et de pratiquer la démocratie pour chaque mandat électif gagné dans les élections (bourgeoises),
    j'attends des gages de la part des élus PCF, qu'ils fassent vivre la démocratie directe dans leurs communes, que leurs mandats de députés soient impératifs et soient les portes-voix dans les assemblées bourgeoises des décisions du mouvement social de leur circonscription,
    cet enjeu-là est fondamental, et la tanspârence du mouvement aura un effet démultiplicateur, sans commune mesure avec l'effet démultiplicateur de l'union d'appareils...

    hasta la victoria!
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    ARCADIE

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    Re: Demandez le programme !!!

    Message  ARCADIE le Sam 21 Avr - 15:14

    Il y a une semaine, je me suis fait viré du NPA parce que j'avais osé intervenir sur un mail de consultation de la campagne Poutou, et d'un ton ironique signaler que la non participation du NPA au fdg est une énorme erreur !! en Picardie la plupart des camarades NPA ont plié leurs tentes et on voit meme déjà poindre une nouvelle composante des déçus du NPA dans le fdg ! tout cela est bien dommage car sans candidat valable (comme Besancennot) cela ne servait à rien d'y aller ! J'ai toujours défendu la ligne qu'il fallait mieux être présent dans le fdg en étant clairement identifié NPA et pouvoir avoir une influence sur le groupe pour rendre le fdg plus extreme ! en y allant seul, nous avons laissé un boulevard à méluche qui ne s'est pas privé ! de plus lisez l'humain d'abord et vous y trouverez de nombreux point du programme NPA (pas tous mais beaucoup)
    alors le souci de la campagne NPA a été que son orateur a été incapable d'être clair et débiter n'importe quels arguments sans jamais rien étayer, ce qui donnait un discours populiste sans fondement ! un brave garçon quoi !! pas suffisant pour semer la révolte ! alors je ne suis pas en train de dire que méluche va prendre de nouveau la bastille, nous en sommes loin mais il a eu l'avantage d'être un bon bélier capable d'ouvrir les portes et de faire passer les idées sur les médias. A présent j'ai un peu peur que la machine de guerre fdg se disloque avec les socialistes au pouvoir et l'appel des sirènes ! c'est pour cela que je répète que la présence d'un maximum de partis dans le fdg était important, il faut au lendemain du second tour, former une alliance solide afin de ne pas laisser toute les clefs à méluche !! car le pouvoir dans les mains d'un seul homme n'est pas bon ! je prédis du Robespierre pour notre camarade méluche c'est tout le mal que je lui souhaite !
    hasta la victoria
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    sitouayain

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    Re: Demandez le programme !!!

    Message  sitouayain le Sam 21 Avr - 16:57

    L’Humanité : « Nous arrivons au terme du premier tour. La campagne du Front de Gauche est appréciée par l’opinion comme la plus dynamique de toutes, mais estimez-vous qu’elle a changé la donne, qu’elle a « renversé la table » ? »

    Jean-Luc Mélenchon. Nous avons fait vivre dans le pays des thèmes politiques qui ont changé le regard des citoyens, quelles que soient leurs options politiques. L’idée qu’il existe deux camps, celui du peuple et celui de l’oligarchie, est désormais très largement partagée. La dénonciation de l’hyper-richesse et de la richesse sans justification est maintenant générale. Je ne cite que ces deux exemples car l’impact a été si fort que les autres programmes politiques ont évolué, alors que ces deux thèmes étaient jugés populistes au départ. De même, notre discours d’unité républicaine du peuple français, quelles que soient les religions et les origines, a marqué les esprits. Ce qui a changé, c’est le regard que ceux qui se sont rassemblés, qui étaient dans le mouvement, portent sur eux-mêmes, pas sur nous, mais sur eux, du fait de cette campagne. Ainsi, du retour de confiance en soi de la classe ouvrière et du salariat et leur réintégration de leur propre dignité sociale. Dans la population héritière de l’immigration, le sentiment d’appartenance au pays est plus fort et conduit à une re-légitimation de notre présence à tous ici. Et, bien évidemment, nous avons réussi à rassembler la force politique éparpillée. Nous savions qu’elle existait, mais nous nous interrogions pour savoir si nous étions capables de l’aider à se cristalliser, à réapparaître. Nous avons travaillé avec méthode – en prenant le meilleur des traditions des unes et des autres formations – à la reconstituer, à la réorganiser autour d’un programme et d’une vision du monde à la fois anticapitaliste et culturelle. Nous avons fait la démonstration qu’un programme politique est ancré dans une culture, et une culture ancrée dans l’histoire. Cela s’est traduit dans ma manière de faire, mais aussi dans la nature de la participation aux rassemblements.

    L’Humanité : « Les fameux « Résistons » et « Présidons »… »

    Jean-Luc Mélenchon. Il a fallu parfois tempérer le zèle, mais j’ai rarement dû dire de ne pas crier mon nom. Le ralliement était en effet de nature politique. J’ai mis un point d’honneur à situer tous les parcours que nous avons fait politiquement et historiquement, à la Bastille, à Toulouse ou à Marseille. Les dimensions culturelles, politiques et historiques ont été continuellement tricotées ensemble et cela a transformé l’état d’esprit dans le pays. Même chez ceux qui ne sont pas avec nous.

    L’Humanité : « La Banque centrale européenne est mise sur la sellette, on parle de combattre l’exil fiscal, d’une imposition portée à 75% des revenus… Vous faites école ? »

    Jean-Luc Mélenchon. Nous avons rendu des questions incontournables. C’est une très grande conquête car des efforts incroyables ont été déployés pour détourner les citoyens de ces questions. L’ordre établi a fait un effort gigantesque pour faire surgir des débats qui n’en étaient pas, pour essayer de passionner l’opinion sur des leurres absolus. Les citoyens ont fait preuve d’une capacité de grande résistance pour ramener au premier plan leurs centres d’intérêt.

    Nous avons mis tout le monde au pied du mur et, à quelques heures du scrutin, cela seul compte. Si tout le monde est bien convaincu que le monde de la finance continuera d’attaquer notre pays, quel que soit le président élu parce que ce n’est pas une affaire de personne mais de système, alors se pose les questions : comment répondre à cette attaque ? Faut-il céder, temporiser, s’accommoder? Ceux qui essaient de composer avec l’agresseur, seront encore plus frappés le lendemain que la veille, comme la Grèce. Il n’existe donc que deux positions : s’accommoder ou résister. La résistance porte en elle un acte positif. On résiste car l’on veut atteindre d’autres lignes d’horizon et que l’on n’a pas l’intention de s’en laisser détourner. Je ne dirai pas que nous avons fait école, mais nous avons été les metteurs en scène du réel. C’est nous qui avons amené la réalité sur la table, dont on avait tout fait pour la faire sortir.

    L’Humanité : « Vous déclarez que le Front de Gauche est en train d’« écrire une nouvelle page de l’histoire de la gauche ». En quoi ? »

    Jean-Luc Mélenchon. Le Front de Gauche fait renaître un courant politique, philosophique, culturel que certains pensaient épuisé. C’est un courant qui marie la philosophie des Lumières, le républicanisme révolutionnaire, le socialisme historique dans toutes ses composantes, qu’elles soient communiste ou socialiste. Nous n’avons pas ramené un vieux drapeau, nous avons créé une force politique nouvelle, le Front de Gauche, qui a en même temps procédé à un re-brassage idéologique très profond, qui a réorganisé son programme politique autour d’un paradigme nouveau : l’écologie politique. Nous avons démontré que les courants de la philosophie des Lumières, du républicanisme révolutionnaire et du socialisme historique ont été validés par le point de vue selon lequel nous n’avons qu’un seul écosystème qui rend la vie humaine possible et qu’il faut en tirer des conclusions. Jusqu’ici, on nous présentait le rapport entre le socialisme historique et l’écologie politique comme une espèce de millefeuilles, avec une couche de socialisme, une couche de République, une couche d’écologie. Nous avons présenté une nouvelle synthèse politique pas seulement comme un objet intellectuel, mais comme une force sociale. En ce sens, nous changeons l’histoire de la gauche. Un des moments clefs de notre campagne a été ce jour où, au quartier général de notre campagne, nous avons reçu les salariés de différentes entreprises en lutte qui ont fait la démonstration que leurs contre-projets étaient d’intérêt général en ceci qu’ils étaient écologiques. L’écologie politique ne sera plus la même dans ce pays depuis notre campagne. C’est notre tradition qui a fourni la première jonction entre cette synthèse idéologique et une classe sociale. C’est bien d’avoir des idées mais il faut aussi que les masses humaines impliquées se les approprient, ou les fassent naître d’elles-mêmes.

    Surtout, la gauche va être au rendez-vous de l’histoire, du défi de la crise du capitalisme et de la crise écologique. Alors que tant de peuples n’ont pas l’outil politique efficace, comme le Front de Gauche, pour résister à cette crise, nous l’avons fabriqué, patiemment, méthodiquement, sans a priori, en acceptant que le mouvement de la vie corrige les théories que l’on avait au début. Quel exploit ! Nous sommes devenus dépositaires d’un bien très précieux, unique en Europe. On nous regarde dans le reste du monde. Nous ouvrons une nouvelle histoire de la gauche et il faut en assumer toute la responsabilité. Car le patronat et Laurence Parisot ne s’y sont pas trompés qui ont vu en nous « la Terreur »… pour les portefeuilles des patrons, en effet. Même l’instant d’une élection, ils ne veulent pas des rouges à 15%. Ils s’interrogent : comment en est-on arrivé là en France, alors qu’ailleurs nous sommes arrivés à domestiquer les salariés? A leurs yeux, nous avions déjà fichu la pagaille en 2005 en votant majoritairement contre le Traité constitutionnel européen et l’on avait recommencé avec la mobilisation contre le projet de réforme des retraites en 2010. Pour eux, nous empêchons de se dérouler l’histoire du triomphe capitaliste libéral.

    Quelle que soit l’issue de la campagne, chacun en gardera la brûlure. On n’est plus le même qu’avant, quand on a été confronté une fois dans sa vie à la Bastille remplie à l’appel d’organisations politiques, au Capitole archicomble et à la marée humaine de Marseille. Alors, on ne regarde plus la politique de la même manière, ni l’action en politique.

    L’Humanité : « Vous avez appelé à « mettre à terre » Nicolas Sarkozy et l’avez défini comme une priorité, comme le point commun de la gauche. Comment abordez-vous la question du deuxième tour ? »

    Jean-Luc Mélenchon. Je lance d’abord une invitation à la prudence sur les pronostics. Je répète que l’intuition initiale du scénario de campagne a été vérifiée. Peut-être que cela me donne l’autorité pour que l’on m’écoute. La situation reste extrêmement volatile et la position finale du Front de Gauche n’est écrite nulle part. Ce qui signifie que beaucoup de surprises peuvent se produire. Comme dans les années précédentes. En 2002, le FN était plus haut qu’annoncé et en 2007, il était beaucoup plus bas. Il y a eu à chaque fois des erreurs dans les prévisions.

    Ayons donc l'humilité de juger que rien n'est réglé. Et en particulier pour le Front de Gauche qui, tous les éléments l’attestent, peut s’avérer la surprise.

    Le deuxième tour va servir à éliminer la droite. C'est sa fonction principale. Le projet de François Hollande, comme celui du Front de Gauche, ont cet élément, peut-être le seul, en commun. Pour nous qui pensons que la révolution citoyenne est inéluctable, nous avons besoin d'ouvrir la brèche et que la droite perde le pouvoir. Ce sera la première défaite de la droite dans une économie majeure depuis des années. Si M. Sarkozy est battu, l'axe Sarkozy-Merkel s’écroule. Nous ouvrons alors un espace pour toute l'Europe. Et comme nos amis grecs vont voter juste derrière nous, et les Allemands en octobre prochain, cette brèche peut traverser toute l’Europe. C’est à cette échelle que se joue la partie. C’est dans nos rangs que se trouve Pierre Laurent, le président du Parti de la gauche européenne, qui constitue, à l’échelle du continent, la seule alternative à la sociale-démocratie qui partout en Europe – je ne parle pas de la France – a capitulé, instantanément, sans aucune résistance.

    L’Humanité : « Certains, jusqu'à la dernière minute, vont continuer à raviver la thématique du "vote utile", du "vote efficace". Craignez-vous cet argument ? »

    Jean-Luc Mélenchon. Le soi-disant "vote utile" a fait long feu. Il ressemble davantage à une manoeuvre malhonnête qu'à un raisonnement politique sachant que les sondages placent le candidat socialiste François Hollande à plus de 10 points devant le Front National. Pour moi, ce qui est utile c’est déjà de voter. Depuis maintenant 10 jours, les mêmes qui appellent au "vote utile" consacrent l'essentiel de leur énergie à taper sur le Front de gauche. Il y a là une incohérence : Si la gauche était menacée par le Front National, ils consacreraient leur énergie à contrer l’extrême-droite. Quant au "vote efficace", c'est totalement déraisonnable. La démonstration a déjà été faite : en 1981, François Mitterrand était deuxième au premier tour, il a gagné l'élection. En 1995, Lionel Jospin était premier, il a perdu. Ce qui compte donc, ce n'est pas la position relative à la sortie du premier tour mais la capacité de rassemblement. Les élections présidentielles perdues par la gauche ont une caractéristique commune : la faiblesse du courant que nous incarnons.

    L’Humanité : « Et aujourd’hui ? »

    Jean-Luc Mélenchon. La gauche a une faible capacité de rassemblement, pas seulement entre les états-majors, mais avec le peuple lorsqu'elle a un programme politique qui renonce à l'affrontement nécessaire avec le capital. Cette fois-ci, nous sommes à un paroxysme de cette situation. Ce sera la première fois qu'un candidat socialiste dans l'histoire appelle à voter pour lui sans proposer aucune conquête sociale d'aucune sorte. Et même pas le minimum qui est une augmentation du SMIC ! C’est pourtant le point de départ de n'importe quel programme de gauche avec l’ambition de diminuer le temps de travail au cours de la vie. De ce point de vue, la capacité de rassemblement de François Hollande est bien plus faible que celle du Front de Gauche. Nous, nous sommes en état de proposer quelque chose qui va de l’avant.

    Par ailleurs, nous rassemblons sept partis coalisés, plus des courants. Du côté de François Hollande, il y a un parti et trois humiliés qui ont dû renoncer au passage à leur programme. Le mouvement de Jean-Pierre Chevènement a dû s'avaler tout rond le Traité de Lisbonne pour avoir droit à trois sièges à l'Assemblée Nationale ; Europe-Ecologie-Les-Verts ont dû renoncer à la plupart de leurs idées. Quant au PRG, il devra accepter l'instauration du concordat dans la Constitution. Voilà à quoi ont été réduits les alliés de François Hollande. À une négation de leur identité. Ce qui n'est pas du tout notre cas. Aucun des alliés n'a dû renoncer à quelque chose d'identitaire, de fondateur pour lui. Notre capacité de rassemblement d'organisations politiques est plus grand que celui du candidat socialiste et notre rassemblement populaire l'est aussi. D'une manière ou d'une autre, notre discours donne à tout le monde une perspective commune. Quand le Front de Gauche parle de planification écologique, tout le monde entend de quoi il s'agit, que l'on soit ingénieur, technicien ou ouvrier. Nous avons un contenu programmatique de grande ampleur non seulement socialement, mais humainement et écologiquement. Nous ne sommes pas choisis par défaut…

    L’Humanité : « Votre objectif est de réduire l'influence du Front National, faire en sorte que Marine Le Pen soit loin derrière vous. Qu'est-ce que cela changerait dans la vie politique ? »

    Jean-Luc Mélenchon. Pour nous qui voulons être utile au pays et à la culture très large du républicanisme, de l'idée des Lumières, du progrès humain et de la similitude des êtres humains entre eux, ce serait un fait extraordinaire. À rebours de ce que l'on a constaté dans pratiquement l'ensemble des pays d'Europe, nous aurions réussi à enrayer cette force et à faire passer devant, la force la plus clairement partisane de l'égalité entre les êtres humains, du partage et des valeurs du progrès. Ce serait un événement politique extraordinaire. On part de loin. Certains voudraient que l'on règle cette question en une campagne, alors qu'elle ne l'a pas été depuis plus de 20 ans. On ne sait pas si dimanche on va y arriver. Mais c’est un enjeu d'intérêt général. Pour des citoyens se demandant quel intérêt ils auraient à voter ce dimanche en général, et pour nous en particulier, c'est une bonne raison que de leur dire de venir nous aider à repousser le Front National.

    L’Humanité : « Dans L'Humanité de mardi, Christian Salmon, fondateur du Parlement international des écrivains, jugeait que la campagne du Front de Gauche réinvente la politique. N'est-ce pas un préalable, une nécessité pour tous ceux qui aujourd'hui s'abstiennent faute d'espérance, n'est-ce pas aussi le sens de la "révolution citoyenne" que d'embrasser toute cette population ? »

    Jean-Luc Mélenchon. La révolution citoyenne s'apparente davantage à un phénomène de la nature qu'à un complot délibéré, organisé par nous. Les origines de la mise à distance de la politique par toutes sortes de gens ont un contenu très concret : la politique libérale ne parle à personne. C'est une politique sèche, stérile, faite de comptabilité. On tente par des graphes, en prétendant leur donner un caractère scientifique, de transformer en évidence quelque chose qui n'est qu'une construction idéologique. C'est un système politique qui ne répond à aucune question que se posent les gens. Comment puis-je vivre s'il me manque la moitié de mes dents ? Comment puis-je lire si je n'ai pas de lunettes ? Comment mon gamin va-t-il améliorer sa vie s'il n'y a pas d'instituteur dans l'école ? Ce sont des questions préalables à toutes les autres. Comment accepter de faire des sacrifices toute sa vie sans pouvoir améliorer son quotidien… La politique de l'ordre établi ne parle à personne en dehors des puissants. Elle parle une langue morte dans laquelle il n'y a pas d'êtres humains, pas d'amour, pas de fraternité, pas de poésie, pas de goût du futur, pas de passion pour la science. Seul importe l'équilibre des comptes à condition que la dépense publique soit réduite. Nous avons osé changer cela. Nous avons en quelque sorte rompu la loi du silence inhumain. Et ramené des questions humaines en se demandant comment les régler. Nous nous sommes rendus compte que le possible n'était pas loin du souhaitable. Et que parfois le possible est plus grand que ce que les gens osent rêver. On a appris aux gens à rabougrir leurs rêves. Nous, nous leur disons de les laisser s'épanouir. C'est effectivement une autre manière de faire de la politique.

    L’Humanité : « En lisant des poèmes ? »

    Jean-Luc Mélenchon. J'ai lu Victor Hugo devant 10 000 personnes pour envoyer un signal, pour répondre à ceux qui prétendait que j'étais trop intellectuel pour les gens. Un beau silence de connivence m’a accompagné, montrant que nous aimons tous les belles choses. On finira par percer la muraille. Et voilà que « l'autre » se met lui aussi à lire du Victor Hugo place de la Concorde…

    L’Humanité : « Quelles seraient les mesures prioritaires à vos yeux que devrait prendre l'éventuel gouvernement de gauche dès son installation ? »

    Jean-Luc Mélenchon. Il faut convoquer la constituante pour la 6ème République. Il n'y a pas plus urgent. Changer la règle politique, c'est refonder le peuple français lui-même et c'est donner de la respiration aux nôtres. Mais bien sûr l’urgence c’est de commencer par rassurer, non pas les marchés, mais les travailleurs. Ainsi, il faut des décrets de titularisation des précaires (ainsi 880 000 personnes retrouvent une perspective dans la vie qui ne s'arrête pas au mois suivant) et de plafonnement du recours au précariat dans les entreprises. Et bien entendu, l'augmentation du SMIC. Le gouvernement doit être une machine à donner la confiance au peuple français. Il faut rassurer les salariés, les gens ordinaires qui ne demandent pas des mille et des cents. Ils demandent simplement à réintégrer un cadre de civilisation où ce n'est pas la précarité qu'il emporte. Toute l'histoire de l'humanité est une lutte contre la précarité. On a inventé les institutions sociales pour nous soustraire aux rapports de force qui peuvent changer tous les jours. On a inventé l'agriculture pour ne plus dépendre de la cueillette. La barbarie du capitalisme, c'est de replonger les masses considérables d'êtres humains vers une situation anté-historique. La sphère politique ne mesure pas assez qu'une société ne peut pas vivre dans la peur permanente, la peur de ne pas avoir de travail, la peur de le perdre le lendemain, la peur du chef, la peur de mal faire car le management fonctionne sur la peur. Il faut libérer la société de la peur et de la violence de l’exploitation.

    L’Humanité : « Les législatives, qui font suite à la présidentielle, sont un moment fort du rapport de forces. Allez-vous mouiller la chemise ? »

    Jean-Luc Mélenchon. C'est décisif. Si les choses tournent bien pour le Front de Gauche, et qu'il y a un gouvernement de Front de Gauche, nous avons besoin de pouvoir nous appuyer sur un groupe parlementaire très fort, pas pour faire de la figuration dans l'hémicycle, mais pour porter le projet de la révolution citoyenne sur le terrain et être les agitateurs et intermédiaires. C'est notre conception de ce qu'est un parlementaire. Ce n'est pas une machine à voter avec la majorité.

    Si ce n'est pas un gouvernement du Front de Gauche, mais un gouvernement socialiste, notre groupe parlementaire sera l'assurance-vie des salariés. Car il n'y aura que lui qui tiendra son programme jusqu'au bout et qui le tiendra d'une manière positive mais exigeante. Le reste, on connaît : la droite est contre tout progrès social et les socialistes ont tendance à avoir peur de leur ombre. La force d'entraînement viendra du Front de Gauche et de nulle part ailleurs. La bataille des élections législatives et le deuxième temps de l'insurrection citoyenne, après la présidentielle et avant la suite, c'est-à-dire la mobilisation populaire. Beaucoup devraient réfléchir à ce qui est en train de se passer dans notre campagne. Le Front de Gauche est en train de se transformer en front du peuple.

    L’Humanité : « Prédisez-vous une sorte de mariage entre l'élan électoral du Front de gauche et des mobilisations populaires ? »

    Jean-Luc Mélenchon. Quelque chose bouge en profondeur dans le salariat de notre pays qui est en train de vaincre la peur. A l’heure où nous parlons, des luttes offensives pour l'augmentation du salaire, contre des cadences infernales, contre le travail du dimanche sont conduites. Ce sont des luttes de conquête. Le Front de Gauche en est l’expression politique. Nous avons permis que ce mouvement prenne confiance en lui, non seulement syndicalement, mais politiquement. Il va donc s'élargir. De plus, si nous battons Nicolas Sarkozy, ce sera un démultiplicateur d'énergie gigantesque.

    L’Humanité : « Quelle est votre dernière adresse, avant le premier tour, aux électrices et aux électeurs à deux jours du premier tour ? »

    Jean-Luc Mélenchon. Je fais une invite de républicain : réfléchissez attentivement à ce qui est bon pour le pays et ne vous laissez pas embarquer par des impressions, par des combines de sondages, par des suggestions visant à vous condamner à la résignation… Et voyez que le Front de Gauche est la meilleure contribution que l'on puisse faire aujourd'hui à l'histoire de notre pays. Osez l'audace !

    Entretien réalisé par Patrick Apel-Muller et Mina Kaci
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    Re: Demandez le programme !!!

    Message  marc le Mer 25 Avr - 16:27

    Penser à guetter ici l'inscription d'un Jean-Luc Basketball :

    sitouayain a écrit:Jean-Luc Mélenchon : "Il faut convoquer la constituante pour la 6ème République. Il n'y a pas plus urgent. Changer la règle politique, c'est refonder le peuple français lui-même et c'est donner de la respiration aux nôtres."
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    Re: Demandez le programme !!!

    Message  sitouayain le Jeu 26 Avr - 0:57

    marc a écrit:Penser à guetter ici l'inscription d'un Jean-Luc Basketball :

    sitouayain a écrit:Jean-Luc Mélenchon : "Il faut convoquer la constituante pour la 6ème République. Il n'y a pas plus urgent. Changer la règle politique, c'est refonder le peuple français lui-même et c'est donner de la respiration aux nôtres."

    ouaip, manquait du soutien pour faire de la présidentielle un référendum pour la constituante, résultat, on a un referendum contre les immigrés, les chômeurs, etc.

    ça m'indigne affraid

    occuper le parvis de la défense c'est bien, le vingt-huitième étage c'est mieux...

    manifester contre la mascarade électorale c'est bien, gagner les élections, c'est mieux...le profil sociologique des indignés changera du tout au tout...

    par contre si ça pète, savoir s'organiser démocratiquement et efficacement au-delà des directions syndicales et partidaires...très précieux, essentiel! pirat
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    marc

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    Re: Demandez le programme !!!

    Message  marc le Ven 27 Avr - 15:45

    Le 20 heures avec un peu d'avance ...
    http://www.pierrecarles.org/
    (76 mn)
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    marc

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    Re: Demandez le programme !!!

    Message  marc le Ven 30 Nov - 8:06

    Demande d'éclaircissements
    http://www.m-pep.org/spip.php?article3139
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    sitouayain

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    Re: Demandez le programme !!!

    Message  sitouayain le Dim 2 Déc - 23:30

    s'il te faut des explications à ce torchon mesquin et ignorant du M'pep, organisation dont les membres feraient mieux de s'éduquer eux-mêmes plutot que de prêcher la confusion populaire, la voilà:
    discours aux assises de l'écosocialisme
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    marc

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    Re: Demandez le programme !!!

    Message  marc le Mar 4 Déc - 0:21

    Merci souverain ... Oups ! Sitouayain
    (JLM en marche vers l'adogmatisme ... )
    http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=3694

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    logan2

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    Re: Demandez le programme !!!

    Message  logan2 le Jeu 6 Déc - 8:58

    Salut Souverain, pardon ! Sitouayain.

    Pourquoi écrire que la réponse de Jean-Luc Mélenchon à Jacques Nikonoff se trouve dans l'enregistrement vidéo que tu as mis en lien puisque Jean-Luc Mélenchon, dans cette réunion sur l'écosocialisme, n'aborde pas le sujet de l'auto-destruction européenne, mais celle de l'écologie, du futur des éco-systèmes en relation avec celle de l'émancipation humaine ?

    Jean-Luc Mélenchon parle de la peur et de l'anxiété que les dominants veulent inspirer aux peuples, nous ne pouvons que constater que c'est le cas pour nous empêcher de nous émanciper de la prison oligarchique européenne. Je ne comprends pas pourquoi Jean-Luc Mélenchon va à rebours de ses propres idées d'émancipation en participant à la propagation de la peur de la sortie de l'organisation internationale dénommée : « Union Européenne », il y a ici une contradiction majeure dont je souhaite qu'il sorte par le haut par l'abandon de l'idéologie dominante

    Jean-Luc Mélenchon a des positions écosocialistes. Jacques Nikonoff et Aurélien Bernier du M'PEP ne l'ont pas attendu

    Les ouvrages d'Aurélien Bernier :



    Le climat, otage de la finance.






    Comment la Mondialisation a tué l'écologie.





    Pour revenir au sujet, bien sûr, le Front de Gauche et les partisans de l’intégration européenne font toujours miroiter une Europe sociale ou solidaire, qui serait plus démocratique. Mais force est de constater que depuis près de trente ans, elle rime avec un néo-libéralisme dogmatique et un despotisme volontiers post-démocratique.

    L’intégration européenne avant tout

    C’est après une discussion avec un ami que la réalité m’a sauté aux yeux. En effet, j’ai pu constater que l’intégration européenne passe avant le progrès social ou la démocratie, même pour des personnes attachées aux deux. Car c’est le vice de cette construction européenne que de pousser à des politiques fondamentalement antisociales et antidémocratiques. L’intégration européenne devient l’objectif suprême, auquel tout est subordonné, quelles qu’en soient les conséquences.

    Premier exemple : la monnaie unique ne fonctionne pas car cela revient à imposer une politique unique à des pays trop différents. Sapir ou Artus ont parfaitement démontré qu’il n’y a pas 36 solutions pour résoudre les déséquilibres actuels : une dévaluation interne (en restant dans la monnaie unique) ou une dévaluation externe (qui impose d’en sortir). Malgré l’évidence du coût social bien plus important de la première, la survie de la monnaie unique passe avant la douleur des peuples…

    Deuxième exemple : le processus de décision extrêmement compliqué pour répondre à la crise de la zone euro. Non seulement les fédéralistes font l’erreur d’attribuer la crise aux déficits (qui en sont surtout la conséquence), mais en plus, beaucoup sont prêts à mettre les budgets sous tutelle technocratique (ce qui a été fait en partie par le TSCG, le six pack, puis le two pack), une remise en cause fondamentale de nos démocraties. Mais là encore, l’intégration européenne prime.

    Des ferments despotiques et antisociaux

    Les partisans d’une plus grande intégration européenne souffrent d’un double problème. Tout d’abord, ils oublient que l’Europe est un moyen et non une fin, et en aucun cas une fin supérieure à la démocratie et au progrès humain. Ensuite, ils sont dans une véritable guerre religieuse où toute personne qui remet en cause le moindre « acquis communautaire » est un agent du mal, un nationaliste ou un fasciste mal dégrossi. Il n’y a plus de dialogue possible, seulement une excommunication.

    Du coup, ils ne parviennent pas à voir que leur manière de fonctionner conduit à prendre des décisions détestables (qui finiront, soit dit en passant, par détruire l’idée européenne). Il est proprement hallucinant d’entendre Mario Draghi ou Pierre Moscovici admettre que les politiques d’austérité vont produire beaucoup de dégâts tout en étant incapables d’essayer de faire autre chose, alors même que des « prix Nobel d’économie » ne cessent de leur indiquer une autre direction.

    Et quand les peuples ou les gouvernements viennent à contester la direction choisie, c’est forcément qu’ils ont tort et on commence à entendre des contestations de la démocratie, comme le rapporte bien le livre « Circus Politicus », notamment avec l’épisode lamentable du référendum puis de la démission de Papandréou en Grèce. On ne compte plus les jugements négatifs à l’égard de la démocratie dans des institutions largement à l’abri de l’opinion des peuples.

    L’UE est un monstre. Les objectifs d’une partie de ses pères étaient peut-être louables, mais ils ont engendré une organisation politique absolument détestable, qui promeut les politiques les plus antisociales de la planète, tout en prenant de gros arrangements avec la démocratie. Il faut donc lui couper la tête.


    C'est ce que je souhaite que le Front de Gauche se remette à partager comme analyse.


    Cordialement
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    Re: Demandez le programme !!!

    Message  logan2 le Jeu 6 Déc - 9:13

    Merci marc pour cet article, internationaliste et non supranationaliste, je vais passer du temps à l'étudier :

    http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=3694


    Cordialement

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    Re: Demandez le programme !!!

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