Forum du groupe de travail pour une Constituante


    [Fusion] L'axe UMP-FN

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    Alter Egaux

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    [Fusion] L'axe UMP-FN

    Message  Alter Egaux le Mar 24 Avr - 16:29

    C'est allé très vite :

    Nous sommes à l'heure de vérité : le haut niveau du FN et ses conséquences : Sarkozy a accepté implicitement avec la création du la "droite populaire" une jointure entre l'UMP et le FN, ce que Chirac s'était interdit.

    Voici le lien Wiki pour la droite populaire.

    Si je veux résumer, c'est un pièce maitresse de l'axe UMP-FN :
    A l'UMP, une équipe est constituée, dès l'échec des régionales en juin 2010 par Lionnel Luca, Thierry Mariani et Jean-Paul Garraud. Les rendez-vous sont pris, dès avril 2011. Le Canard enchainé relève le 18 mai 2011, en se posant cette question, explicite : "Un axe UMP-FN ?". Un accord à portée de main ? L'article relève que le 28 avril 2011, Thierry Mariani déjeune avec Marine Le Pen. L'accord sera scellé dans un collectif offensif idéologiquement, nommé "La Droite populaire", avec 44 députés. Ce collectif sera reçu le 24 mai 2011 à l'Elysée. Depuis, le collectif "La Droite populaire" est dans tous les médias, à l'offensive en province comme aux informations nationales.Les idées qui y sont développées sont libérales au sens néoconservateurs du terme.

    Donc, 3 cas possibles :
    - Sarkozy gagne dans 13 jours (improbable), et pour avoir une majorité à l'assemblée, des accords par circonscription sont signés entre UMP et FN,
    - Sarkozy perd dans 13 jours, et pour limiter les dégâts, des accords par circonscription sont signés entre UMP et FN et la digue est lachée,
    - Sarkozy perd et l'UMP implose : la droite populaire fusionne avec le FN. Marine Le Pen aura alors réussi à faire ce que Bruno Mégret n'a pas réussi à faire.

    Bien entendu, des personnalités de l'UMP comme Chantal Jouanno ont senti le danger si la digue entre l'UMP et le FN lache, comme dans cet article : "La droitisation, un mirage douloureux".

    La stratégie droitière de Nicolas Sarkozy a-t-elle servi à légitimer le FN ?

    Quand on regarde la composition sociologique et géographique des électeurs du FN, on voit qu'il y a un effet crise dans ce vote pour Marine Le Pen. Néanmoins, je regrette que certains membres de l'UMP aient légitimé le parti de Marine Le Pen en tenant parfois les mêmes discours qu'elle, notamment sur la question du halal ou de l'islamisation de la société. Ce ne sont pas mes valeurs. Je ne suis pas à droite pour cela. Donc je dis ce que je pense. Après ce premier tour du scrutin, j'espère que les différentes sensibilités qui composent la droite seront encore prises en compte.

    Dimanche, Marine Le Pen franchit la barre des 20 % dans 43 départements et talonne Nicolas Sarkozy. Craignez-vous un déchirement de la droite en cas de défaite ?

    Tout est possible. Pourtant, il faut être bien conscient que la droite n'a jamais été forte quand elle a été désunie.

    L'offensive de l'axe UMP-FN est en train de débuter, après une très longue préparation en sous marin :

    13 h 20. Sarkozy : Marine Le Pen est "compatible avec la République"
    "Il faut comprendre le vote FN, a affirmé Nicolas Sarkozy. J'aurai l'occasion de préciser mes engagements" envers ses électeurs, lors d'émissions télévisées, "sur TF1", ce mercredi soir, et "sur France 2, à "Des paroles et des actes", jeudi soir.
    Selon lui, il faut "prendre des engagements suffisamment précis pour que les électeurs (du FN, ndlr) sachent qu'on a compris leur message et qu'ils aient la certitude qu'ils seront tenus".
    S'étonnant des critiques de "ceux qui lui reprochent de parler aux électeurs du Front national", le président-candidat s'est demandé : "On n'a pas le droit de parler de ceux qui ont voté FN ? Mais M. Hollande le peut, lui, comme il l'a fait dans un quotidien ("Libération", ndlr) ? Et moi, je ne pourrais pas ?".
    Pour Nicolas Sarkozy, "ce vote n'est pas répréhensible, Marine Le Pen a le droit de se présenter, donc elle est compatible avec la République", a-t-il également affirmé.

    C'est en train d'aller très vite, via un sondage téléguidé par le château : 64% des électeurs de Nicolas Sarkozy favorables à un accord avec le FN

    Les Soral and co vont se faire baiser : le FN va s'allier avec le diable UMP, ultralibéral et internationaliste pour les capitaux.

    Marine Le Pen va créer un nouveau parti. Marine espère passer des accords avec l'UMP pour les législatives, avec le pont créé par Sarkozy nommé "droite populaire".

    Elle prépare donc le FN pour cette fusion UMP-FN :

    Pour les législatives, le FN créera donc une nouvelle bannière "Rassemblement bleu marine" ou "Alliance pour un rassemblement national".
    http://www.europe1.fr/Politique/Le-FN-bientot-rebaptise-1052033/
    Source : Le FN bientôt rebaptisé ?.

    Louis Aliot, le numéro 2 du parti présidé par Marine Le Pen, a discrètement déposé ce nom à l’INPI en janvier dernier :

    Le site internet "rassemblementnational.fr" appartient à un proche de Vanneste

    Simple coïncidence ou action concertée ? Le site rassemblementnational.fr a, lui, fait l’objet d’un dépôt officiel le 30 mars dernier. Son propriétaire n’est pas un proche du FN. Il s’agit de François Vaute, un proche du député du Nord Christian Vanneste qui s’est fait élire le mois dernier Président du Rassemblement pour la France après que l’UMP eut décidé de lui retirer son investiture pour les législatives.

    C’est, officiellement, sous les couleurs du mouvement créé par Charles Pasqua que François Vaute se présente, lui, en juin prochain, dans la 5e circonscription du Vaucluse contre le candidat officiel de l’UMP, Julien Auber. Interrogé par Challenges, ce dissident, désigné porte-parole du RPF, assure avoir déposé son nom de domaine sans savoir que le FN avait préempté la marque. "Le RPF a vocation a être vis à vis des militants ce que la droite populaire est au niveau des élus. Nous sommes pour la politique de la main tendue de la droite républicaine avec la droite nationale". Une alliance qui ne sera pas pour déplaire à Marine Le Pen.
    http://www.challenges.fr/elections-2012/

    Le père n'est pas d'accord. Elle s'en passera.
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    sitouayain

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    Re: [Fusion] L'axe UMP-FN

    Message  sitouayain le Jeu 3 Mai - 17:24

    En ces temps de "révolution nationale" fleurant bon les charogne, pourquoi pas une lecture "psychologique" de la crise, qui s'appuie sur des travaux de psychologues et de psychosociologues pour tenter d'expliciter les réactions et les traductions politiques lors des situations de crise, notamment ce qui explique l’extrémisme de droite qui envahi les esprits européens:

    Thomas Arciszewski, «Face à la situation de crise : Des régulations individuelles aux attitudes politiques.», Les cahiers psychologie politique En ligne, numéro 14, Janvier 2009. URL : http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=300

    à lire absolument, aller, un extrait pour appâter :
    Un autre système de régulation, peut-être un des plus anciens ou archaïques, qui se met en place dans un système de crise, en témoignent les paroles rapportées par les médias lors de catastrophes naturelles (« je n’ai jamais vu une telle solidarité »), est le système grégaire, le besoin d’appartenance à un groupe. L’être humain, lorsqu’il se sent menacé, reconstitue ses groupes sociaux les plus disponibles et les liens qui les constituent. Que ce soit lorsque les individus ont peur de la mort (Renkema, Stapel, & Van Yperen, 2008), ou qu’ils sont dans une situation de menace de l’identité de leur groupe (Florack, Piontkowski, Rohmann, Balzer, & Perzig, 2003), face à une catastrophe (Hodson, Esses, Dovidio, Kimmel, & Stout, 2006; Moskalenko, McCauley, & Rozin, 2006), ils tendent à se recentrer sur leur groupe d’appartenance, sur ses idéologies et à rejeter l’autre. Pyszczynski et ses collègues ont montré comment la peur de la mort, probablement la peur en général, qui était née dans la crise suivant les attentats du 11 septembre, avait provoqué des modifications dans les comportements des gens : intensification de la question du sens, de l’identité et des valeurs, augmentation du patriotisme et sentiment national, intensification des croyances religieuses (voir également S. J. H. McCann, 1999), suppression de la dissidence (Pyszczynski, Solomon, & Greenberg, 2003). D’autres études ont également montré que quelles que fussent leurs opinions politiques avant le 11 septembre, les individus ont eu tendance à décaler leurs opinions vers la droite pour leur vertu structurante (Bonanno & Jost, 2006).

    Sur un plan historique, l’étude de Théodore Abel (1966) offre un éclairage de cette situation en proposant une lecture de lettres issues de toutes les couches de la population allemande d’avant guerre. Il y décrit ainsi comment Hitler a joué de la crise Allemande en créant un climat de peur de l’avenir et comme il a reformé le groupe, la nation, proposé de renouer avec une « identité allemande » en tant qu’organisatrice du monde en opposition aux autres et en stigmatisation certains groupes supposés à l’origine des menaces, justifiant ainsi ce qui allait suivre. Le succès d’un leader charismatique est ainsi très corrélé avec la menace et la crise. McCann a par exemple montré que dans l’histoire présidentielle américaine, les périodes de crises (d'après son index S.-J. H. McCann, 1998; S. J. McCann & Stewin, 1990) étaient associées à des victoires plus importantes de Présidents perçus comme fort et avec du pouvoir (S. J. H. McCann, 1997b), et, suivant les hypothèses de Weber (1971/2003), avec l’élection de présidents charismatiques (S. J. H. McCann, 1997a). Ceci répond à un besoin psychologique de réponse à la menace puisque la peur de la mort suffit pour faire augmenter la préférence pour ce type de leader (Cohen, Solomon, Maxfield, Pyszczynski, & Greenberg, 2004). La menace et les peurs qui jaillissent de la crise sont une source importante d’argument de gouvernance et les conséquences généralement un retour à plus d’autorité « morale », plus de contrôle institutionnel, et un renforcement des liens à l’identité nationale (Arciszewski, 2004; Reicher & Hopkins, 2001). Les liens avec la rhétorique populiste deviennent sous cet angle également évidents (Dorna, 1999; Herman, 2003).

    en bonus, un article qui résume les résultats de récentes recherches prouvant qu'il y aurait un lien de corrélation inverse entre statut social et propension à adopter des comportements éthiques:

    et une petite perle en terme d'éducation populaire et de vulgarisation intelligente: http://www.prejuges-stereotypes.net/indexFlash.htm#

    on y trouve des docs, pour aller plus loin, notamment sur les raisons qui font que les dominés participent à leur propre domination par exemple la Théorie de la Dominance Sociale (http://www.prejuges-stereotypes.net/espaceDocumentaire/dambrunTDS.pdf)

    voici également le résultat d'une recherche récente sur des jeunes en France:http://recherche.univ-lyon2.fr/greps/IMG/pdf/CIPS.pdf

    intéressant car il s'agit d'une tentative de revisiter la "théorie de la justification du système" dont voici le résumé :
    L’explication du soutien des défavorisés au statu quo social dans le cadre de la théorie de la justification du système

    Dans le cadre de la théorie de la justification du système, Jost et collègues (Jost & Banaji, 1994 ; Jost, Burgess & Mosso, 2001 ; Jost & Hunyady, 2002 ; Jost, Banaji & Nosek, 2004) ont développé la thèse qu’il existe une inclinaison très largement répandue à considérer comme juste et légitime le système social en place, l’exercice du pouvoir, l’attribution de statuts et la distribution des richesses au sein de celui-ci, et plus généralement les arrangements sociaux existants, voire anticipés, indépendamment de la nature objective de ces arrangements.

    Cette inclinaison résulterait en partie du fait que la justification du système remplirait une fonction palliative (Jost & Hunyady, 2002, p.35): « les gens s’engagent dans la justification du système (ainsi que dans d’autres formes de rationalisation) afin de faire face et de s’adapter à des réalités injustes ou déplaisantes qui apparaissent inévitables ».

    Plus précisément, la justification du système permet à l’individu soit de prévenir certaines sources importantes de stress à travers l’impression que « le contexte social est stable, compréhensible, prédictible, cohérent, sensé et juste », soit de faciliter des réponses adaptatives lorsque des situations de stress se présentent, notamment grâce un sentiment de contrôle renforcé et à la confiance dans sa propre capacité à agir de manière adéquate au sein d’un environnement sensé.

    De plus, dans certaines circonstances, cette motivation à justifier le statu quo social serait paradoxalement la plus forte parmi les membres de groupes défavorisés, qui subissent le plus les conséquences négatives du statu quo social. Au sein de ces groupes, l’inclinaison à justifier le système l’emporterait donc sur la défense des intérêts propres, matériels ou symboliques, du groupe et/ou des individus qui le composent.

    Ainsi, Jost, Pelham, Sheldon & Sullivan (2003) ont pu mettre en évidence, à travers l’analyse secondaire de cinq sondages politiques nationaux réalisés aux Etats-Unis, cinq cas dans lesquels des membres de groupes défavorisés, définis par la classe sociale (groupes à bas revenus), l’ethnie (Américains d’origine Africaine) ou la région (habitants des Etats du Sud), se sont distingués par un soutien particulièrement élevé apporté aux autorités et au système social en place.

    Celui-ci a été opérationnalisé, selon les études, par des dimensions aussi variées que la confiance dans le travail du gouvernement et dans l’intégrité de ses membres, l’acceptation de la limitation des droits des médias et des citoyens de critiquer le gouvernement, la justification des inégalités de revenus, ou encore l’adhésion à une idéologie méritocratique.

    Ces recherches ancrent ainsi l’hypothèse d’une justification du système accrue parmi les défavorisés dans des observations empiriques systématiques, à partir d’échantillons conséquents et généralement représentatifs de certaines parties de la population états-unienne.

    Comment comprendre cet empressement apparent à justifier le statu quo social, même de la part de ceux qu’il pénalise ? Pour rendre compte de cet effet contre-intuitif, Jost et al. (2003) proposent le concept explicatif de dissonance idéologique, en référence à la théorie de la dissonance cognitive (Festinger, 1957 ; Beauvois & Joule, 1996) : en l’absence d’opportunités concrètes pour s’engager dans une contestation active du système, le vague sentiment d’être complice du système génère une tension d’autant plus pénible à vivre qu’elle est associée à la perception d’être personnellement et/ou collectivement désavantagé par ce système.

    Les membres de groupes désavantagés auraient ainsi au départ une incohérence plus forte à rationaliser que les membres de groupes privilégiés. En effet, ces derniers ont la possibilité de se représenter toute acceptation passive ou active du système comme cohérente avec les effets positifs de ce système dont ils profitent. Dans la mesure où les membres de groupes défavorisés n’ont qu’un accès restreint à de telles expériences, la seule stratégie accessible pour restaurer un sentiment de cohérence, en l’absence d’un engagement dans une contestation active, passerait par une représentation du système comme juste, ou du moins comme nécessaire.

    Cependant, de telles stratégies d’adaptation cognitive ne peuvent constituer des solutions définitives, puisqu’elles impliqueraient un coût social et psychologique certain pour les groupes défavorisés. Les conséquences agrégées et collectives de ces régulations individuelles systématiques seraient celles du maintien de la légitimité et, partant, de la stabilité du système social, c’est-à-dire de la perpétuation d’une organisation sociale qui dessert leurs intérêts (Jost et al., 2004).

    De plus, les membres de groupes défavorisés ont plus souvent tendance à intérioriser des stéréotypes négatifs et une évaluation défavorable de leur groupe d’appartenance (Jost et al., 2001 ; Jost et al., 2004), ils sont habités par des sentiments plus ambivalents à l’égard de celui-ci (Jost & Burgess, 2000) et ils estiment dans une moindre mesure mériter certaines récompenses pour leurs efforts (Pelham & Hetts, 2001). Leur estime de soi et leur équilibre psychologique sont fragilisés par l’intériorisation de croyances qui justifient leur domination (Jost & Thompson, 2000). La tension ne peut donc jamais être évacuée entièrement dans ces conditions pour les membres de groupes défavorisés, qui se retrouvent coincés d’une certaine manière dans le dilemme posé par leurs besoins contradictoires de justification du système d’un côté, et de valorisation du groupe et de soi de l’autre (Jost et al., 2004).

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