Forum du groupe de travail pour une Constituante


    [Europe] Faut il en sortir ?

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    Alter Egaux

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    [Europe] Faut il en sortir ?

    Message  Alter Egaux le Sam 29 Oct - 18:08

    Je commence à me le demander.

    En fait, je fais un travail sur De Gaulle, et je suis plus perplexe que jamais sur une période que je pensais moyenne, suite à son retour en politique en 1958.
    Notamment parce que je lui en veux d'avoir mis en place les réseaux Foccart (la françafrique). Cela doit être pour ça.

    Mais je m'appercois au contraire que sa stratégie contre l'empire US a été d'une clairevoyance stupéfiante, qui frise le génie humain.
    La France a seulement un problème, c'est qu'elle n'a pas eu depuis un type ayant une stratégie de relève.

    Mais voilà, je suis tombé sur cet article, du Daily Telegraph : Euro-federalists financed by US spy chiefs.

    En gros, l'Europe a toujours été un projet atlantiste. Pire, il est devenu notre cercueil et notre prison.

    Il est dit (pas dans l'article, mais dans les milieux initiés aux stratégies de guerre), que les USA use du stratagème des chaînes, issu du livre "Les 36 stratagèmes - Manuel secret de l'art de la guerre" (auteur chinois inconnu).

    Autrement énoncé : "Si la supériorité numérique de l’adversaire rend le combat inégal, il faut l’amener à se ligoter lui-même pour le réduire à l’impuissance."

    Les USA, voyant que tôt ou tard ils seraient supplantés par une Europe en reconstruction rapide, ont initié le projet de rendre impuissant un concurrent supérieur en nombre et en capacité.
    La CE étant sous leur contrôle, l'Europe n'a pas de stratégie de développement ni de stratégie industrielle. Le futur "ennemi" est ainsi neutralisé. Et en ayant une stratégie de privatisation massive des biens communs, l'Europe est actuellement au bord du gouffre financier et industriel.

    Dans ce cadre, je pose la question taboue à gauche pour sortir la France de cette impasse mortelle : faut-il sortir de l'Europe ?
    Qu'aurait fait De Gaulle ?
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    logan2

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    Re: [Europe] Faut il en sortir ?

    Message  logan2 le Dim 30 Oct - 10:09

    Bonjour Alter Égaux, il me semble être en phase avec tes interrogations, mais tout d'abord puisque tu commences à t'interroger, il ne s'agit pas de : « Sortir de l'Europe » puisque la géographie ne peut pas être changée, mais bien de répudier les traités de Lisbonne, de Nice, d'Amsterdam, de Maastricht, l'Acte Unique Européen et le Traité de Rome instituant le Marché comme base de la vie en société. Ou pour le dire plus rapidement : « Sortir de l'Union Européenne ».

    Voir ce magnifique article de Samir Amin de 2005 sur le site Amitié entre les Peuples :

    http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article273

    Je suis attendu, mais j'y reviendrai dès que j'en aurais la possibilité.
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    Re: [Europe] Faut il en sortir ?

    Message  sitouayain le Dim 30 Oct - 12:07

    Salut Alter Egaux,

    je veux pas avoir l'impression de marteler, mais je ne crois pas qu'il faille "sortir de l'Europe",

    tu as du voir que De Gaulle a su pratiquer ce qu'on appelle "La politique de la chaise vide",

    c'est ce que propose le Front de Gauche.

    Ce que les partisans du Traité de Lisbonne ne savent pas faire, c'est défendre les peuples face aux banques, aux multinationales et aux puissances étrangères, mais il n'est pas dit qu'un dirigeant d'un pays isolé, quand bien même il le souhaiterait en soi capable (tant qu'il reste vivant cela va de soi).

    l'héritage de De Gaulle est tout de même présent en France car il existe, hormis le clan qui dirige l'UMP et la France actuellement, très peu d'hommes politiques atlantistes, ce qui n'est malheureusement pas le cas dans les autres pays où les élites des partis et des syndicats pro-européens sont perméables aux influences de la stratégie nord-américaine. Le reste des élites européennes est plutôt anti union européenne...ce qui est une autre forme de démission.

    l'Allemagne (il faut lire, les supots des Konzern qui se passent la main des postes ministériels et syndicaux depuis 45) est au premier plan dans cette guerre idéologique entre partisans d'une Europe "occidentale", allié objectif, naturel, des USA, et partisans d'une Europe "européenne", comme disait De Gaulle "de l'Atlantique à l'Oural".

    le passé de la France, sa conception de la Nation, les phases révolutionnaires et napoléoniennes de son histoire, heurtent de plein fouet les conceptions germaniques de la Nation (portées en France d'une certaine manière par le FN), ce qui fait que l'histoire de la construction européenne est une série de malentendus profonds sur le sens de l'Europe. On reproche aux Français de vouloir en quelque sorte faire de l'Europe une grande France. Nous avons une difficulté, consubstantielle à notre histoire et à notre universalisme, à penser le fédéralisme libertaire.

    Conscientes de l'impuissance française au regard des bouleversement du monde, nos élites ont donc oeuvré à un transfert de la volonté de puissance, pensée comme nécessairement centralisée, uniforme et autoritaire, de la France vers l'Europe. La logique jacobine (qui s'exprime aussi chez les léninistes et autres communistes autoritaires) et la logique mercantile-libérale se sont fécondées dans une Europe supranationale à vocation unificatrice.

    Il s'agit, en moins brutal, du même processus qui fait qu'aujourd'hui les basques et les bretons parlent la même langue, ont les mêmes règles de fonctionnement des communes, etc., etc., un processus d'unification qui entend nier les particularismes locaux et les formes culturelles plurielles et irréductibles les unes autres qui fondent la richesse de l'humanité. Il s'agit du même processus qui a conduit à détruire tous les corps intermédiaires, protections spécifiques, au nom de la liberté du commerce et des échanges, l'homme électron libre d'un marché qui n'a ni patrie ni honneur, ni morale, tout cela restant du domaine de l'intime.

    Alors bien sûr, la forme actuelle de l'UE est un compromis bancal, résultat des rapports de force entre Etats, mais, la tactique de l'engrenage automatique est loin d'être obsolète, en tous les cas elle se maintient chez une frange dominante des élites européennes qui voit dans la crise actuelle du pain bénit pour faire accepter l'idée d'un "gouvernement européen", et si possible un gouvernement qui soit "gouvernance", c'est à dire une caste qui sait où il faut aller, qui n'a pas besoin de demander leur avis à ceux à qui elle va demander des sacrifices.

    cette posture des élites mondialisées dominantes, celles du mouvements, des "réformes", explique d'ailleurs que les élites traditionnelles déclassées, des élus réduits à l'état d'enregistreurs de directives européennes (75% des lois votées au parlement français) ou de spectateurs de la formulation de ces directives (le parlement européen n'a aucun pouvoir et passe son temps à discuter de l'écartement des roues de charrettes), que ces élites déclassées, notables de droite, dis-je, les gaullistes et autres souverainistes forment une étrange alliance de par leurs discours (cf asselineau, dupontaignan, etc.) avec la gauche de la gauche, ils sont en quelque sorte, à la droite de l'extrême gauche, mais à la gauche du PS et de l'UMP du point de vue de leur programme économique...la survie de leur pouvoir et de leurs repères en dépend, et ils ont objectivement raison sur bien des points.

    Pour revenir à nos élites mondialisées, représentées par les partis UMP-PS, SPD-CDU, PSOE-PPE, etc., si nous les laissons faire, nous pouvons nous attendre non seulement à une accentuation de la crise et du fascisme actuel mais également à la mort des modes de vie indigènes de l'Europe, réduits à l'état de folklore comme c'est déjà plus ou moins le cas en France. Non seulement les cultures locales, mais aussi tout ce qui fait qu'on vit ensemble d'une certaine manière et qu'on lutte ensemble (regardons à quoi sert aujourd'hui une manif...), s'évapore au profit d'un monde unifié, impersonnel, à la saveur chimique et faussement différenciée par les stratégies marketing. Fascisme soft, jeuniste et laissant la place à l'épanouissement de sa personnalité sous des tonnes de gel et de déco.

    Une fois dit cela, il se pose la question du comment faire pour redonner une souveraineté aux peuples, sans pour autant s'enfermer dans un nationalisme égoïste (retour au machiavelisme) qui nous réduirait à l'état de proie sans défense entre les USA, la Russie, la Chine, etc et sans également prolonger le néocolonialisme Gaullien?

    A mon sens, mais c'est un autre débat, il faudrait déjà balayer chez nous et tuer le Jacobin et le De Gaulle qui est en nous...une bonne décentralisation et une bonne dose de fédéralisme en interne ne ferait pas de mal, surtout dans une optique de démocratie, affaiblir le pouvoir des élites parisiennes déterritorialisées serait un pas en avant non négligeable.

    Après, sans la renier, la posture universaliste et solidaire, la France d'aujourd'hui doit s'affranchir de son archaïque universel uniformisateur, nous devons prôner un universel syncrétique, pluriel, producteur d'agencements, d'alliances et d'institutions où la somme des parties est un tout supérieur qui n'anihile pas la singularité et l'autonomie créatrice des parties,

    une posture qui fait que quand on dit NON au traité de Lisbonne, on peut dire Oui à une Europe des peuples, à une puissance qui ne soit pas un Empire mais une terre libre. Soit une Europe qui ne soit ni une extension de la France, ni une extension du Reich ou de l'Union Soviétique, ni une copie des Etats-Unis d'Amérique, mais une Europe qui ressemble à une Suisse extravertie affraid et à géométrie variable en fonction des domaines de coopération. Je n'invente rien, Proudhon la prônait déjà.

    la tactique à adopter est alors claire...les traités ont leurs faille, il faut en profiter. dans un premier temps, la stratégie du bord du gouffre est d'acculer les pays récalcitrants à accepter un changement radical du statut et des missions de la BCE, faire baisser l'Euro, au besoin laisser coexister des monnaies locales avec la monnaie unique,

    cette stratégie du bord du gouffre implique d'avoir des couilles et d'être prêts à faire de sympathiques folies, tout est possible, par exemple, en nationalisant nos banques, nous pouvons menacer de changer tous nos euros en francs suisses ou même en livres sterlings (tant qu'à faire autant taper sur les pti toutous des USA!), ça fera réfléchir les allemands à deux fois,

    on peut aussi jouer sur les dissensions et les esprits revanchards des ex-satellites soviétiques devenus satellites allemands (y compris au sein même des landers les tensions sont fortes), les processus en cours par exemple en Pologne, où 30% de la population vit de l'agriculture, permettent de facilement menacer de déstabiliser les élites en places qui rechigneraient à l'idée que leur peuple et leur terre n'a pas à subir les ravages de la PAC, au prétexte que l'industrie chimique allemande à besoin de déverser ses pesticides...

    bref, des marges de manoeuvres, il y en a, le tout c'est de ne pas sombrer dans la démission ou la paresse intellectuelle d'une marine Le Pen et de toutes les extrêmes droites européennes qui font le jeu, au moins autant que les amis de jacques attali et sarkosy de l'impérialisme.

    D'ailleurs, l'impérialisme, ce n'est pas Bush ou Obama ni reagan, c'est la forme déterritorialisée, transnationale et acentrée du capitalisme. La lecture "nationaliste" de la géopolitique ne fournit qu'une infime partie de l'explication.
    Que les choses soient claires, l'impérialisme est apatride, c'est un syndicat de transnationales et des draineurs de capitaux déterritorialisés, s'il trouve un terrain favorable aux USA, ce qui est recherché à travers l'instrumentalisation du peuple américain, de son armée et de ses élus, ambassadeurs et espions, ça n'est pas la division de l'Europe pour que les USA restent puissants tous seuls.
    c'est au contraire l'unification de l'Europe dans un grand marché transatlantique, un prolongement de l'ALENA, où, tout ce qui, en Europe, fait encore obstacle à la marchandisation doit disparaitre, où toute résistance à l'ordre économique néolibéral doit devenir folklore.
    Il peut aussi très bien s'accommoder d'une Europe pseudo indépendante tant qu'elle respecte les canons friedmaniens comme il s'est accommodé du nationalisme chilien et comme les banquiers et industriels des années trente ont vu leurs parts de marchés mieux assurées par un mussolini ou un hitler que par des ligues spartakistes ou des anarchistes espagnols...Je laisse donc tout un chacun imaginer ce qu'un Etat européen isolé pourrait endurer si jamais il tentait seul de s'opposer à cette logique!

    Regarder Le Vénézuéla peut mettre la puce à l'oreille: contrairement à nous ils ont du pétrole, mais leur monnaie est en permanence attaquée (30% d'inflation et un marché noir du dollar, de l'euro et de l'or hallucinant), ne produisant pas encore assez, ils sont en permanence en pénurie d'aliments et de matières premières (pénuries organisées par le patronat local et leurs amis de miami), ils sont entourés de bases militaires ce qui les obliqe à maintenir des achats d'armes coûteuses, ils subissent des attaques médiatiques externes permanentes et en interne des manifestations, des protestations sont constamment organisées, coachées et financées par la CIA, c'est invivable et ça rend le pouvoir parano,

    de plus, privés des canaux d'échanges habituels (miami-caracas) de la politique étrangère, ils sont obligés de troquer du pétrole à la chine contre des transferts de technologies et des implations d'usines d'ordinateurs, même deal avec l'iran pour fabriquer des voitures, avec poutine pour je ne sais plus quoi,

    mais ce qui les sauvent c'est, en interne, la conscientisation d'une grande partie du peuple (qui a réussit à éviter un coup d'Etat), la progression de la démocratie locale, la mobilisation de l'armée pour la construction d'infrastructures, les coopératives et les entreprises nationalisées, et en externe la trainée de poudre anti-impérialiste et démocratique en amérique latine, avec la construction progressive d'un cadre de protection international, l'ALBA.

    Cette lutte là, nous ne devons pas l'abandonner, l'Europe est à reconstruire, avec nos tripes, en soulevant les peuples contre les oligarchies, la quitter serait du suicide au vu des rapports de forces actuels et de la structure de notre économie (abscence d'autosuffisance alimentaire, énergétique, industrielle, ce à quoi le FdG propose de remédier) comme du niveau de conscientisation de notre peuple (quand on voit la lenteur avec laquelle un mouvement spontané d'indignés s'organise et se dote de pratiques et de perspectives, on se dit que la crise à venir offrira les mêmes perspectives à un mouvement national-poujadiste-religieux-identitaire qu'en Tunisie).


    Dernière édition par sitouayain le Lun 31 Oct - 8:41, édité 1 fois
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    Alter Egaux

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    Re: [Europe] Faut il en sortir ?

    Message  Alter Egaux le Dim 30 Oct - 18:13

    logan2 a écrit:« Sortir de l'Union Européenne ».
    Oui, bien entendu.

    Merci pour la réflexion sur les Traités. Je comprends un peu mieux. Mais j'ai besoin d'en comprendre les conséquences.
    Cela ira il jusqu'à la sortie de l'Euro, si la CE ne flanche pas ?

    sitouayain, il faut que je relise ton post à tête reposée, il est dense... Cool
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    Les patrons pour un « bond en avant »

    Message  logan2 le Dim 6 Nov - 22:16

    Alter Égaux et citoyen, qui a intérêt à la « construction » européenne ?
    ]

    Les patrons pour un « bond en avant »











    L’initiative est exceptionnelle. Les chefs des patronats allemand, français et italien ont lancé le 8 octobre un « appel commun » qui réclame « une union politique et économique plus forte, en lançant sans délai une initiative pour un nouveau Traité ». Le texte co-signé par le président du BDI allemand, la présidente de la Confindustria italienne et celle du Medef français s’intitule sans ambiguïté : « Pour une Europe plus intégrée ».



    Dès la première phrase, les signataires martèlent : « nous, les présidents des trois plus grandes organisations d’entreprises de la zone euro (…) affirmons notre engagement total en faveur d’une intégration européenne plus poussée ». Avec une certaine franchise, ils rappellent que « l’intégration économique européenne a permis à nos entreprises de renforcer leur compétitivité dans la mondialisation ». Leur enthousiasme est, de fait, parfaitement compréhensible.

    On laissera en revanche les Grecs, les Portugais, mais aussi les Allemands et les Français méditer sur l’analyse suivant laquelle l’intégration européenne a « assuré ainsi aux citoyens européens l’élévation de leur niveau de vie et des emplois nouveaux et plus nombreux ».



    Pour autant, les responsables patronaux estiment que tout cela ne va pas assez loin. Dès lors, commente Laurence Parisot sur le site de son organisation, « les chefs d’entreprise français, allemands et italiens sont porteurs d’une demande d’Europe et veulent passer à la vitesse supérieure ». Il nous faut donc – c’est original – plus d’Europe. L’appel précise que cela passe d’abord par la mise en œuvre de propositions déjà adoptées, telles que le renforcement du Pacte de stabilité (« six-pack »), l’application du plan du 21 juillet (FESF), et bien sûr de nouvelles « réformes structurelles ».



    Mais cela ne peut suffire, car « les dispositifs déjà envisagées ne constituent pas le ‘bond en avant’ nécessaire pour surmonter les déficiences actuelles de la zone euro ». Conclusion : « nous demandons à l’Union européenne de lancer le chantier d’un nouveau traité, qui constituera une étape nouvelle vers une Union politique et économique plus étroite ».



    Les patrons européens entendent donc être au premier rang dès lors qu’il s’agit d’accélérer l’intégration européenne. Et n’hésitent pas à l’exprimer de manière quelque peu solennelle : « nous appelons les responsables des institutions communautaires, les gouvernements et les Parlements nationaux à prendre avec détermination toute la mesure de leurs responsabilités ».


    De leur part, c’est plus qu’un appel. C’est une consigne.


    Dernière édition par logan2 le Sam 26 Nov - 19:46, édité 2 fois (Raison : Mise en forme du message)
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    marc

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    Re: [Europe] Faut il en sortir ?

    Message  marc le Mar 8 Nov - 5:28

    La consigne donnée par l'Assemblée de Paris
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    Xavier Marchand

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    Re: [Europe] Faut il en sortir ?

    Message  Xavier Marchand le Mar 27 Déc - 5:25

    Non, il ne faut pas sortir de l'UE. Ni même de l'euro. Ce peuvent être de bons outils de répartition des richesses. Ils l'ont été.
    Le faire coûterait cher toujours aux mêmes par la crise qui suivrait.
    Par contre il faut reprendre le contrôle de cette UE qui se bâtit depuis maintenant de trop longues années CONTRE les peuples.
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    logan2

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    Re: [Europe] Faut il en sortir ?

    Message  logan2 le Lun 2 Jan - 21:31

    L'Union Européenne et les comédies de la vraie droite et de la fausse gauche : les délocalisations, les fermetures d'usines, de centres de recherche et de production en Europe, la mise en concurrence libre et non-faussée de la main d'oeuvre manuelle et intellectuelle, mais peut-être que Monsieur Xavier Marchand n'est pas concerné, alors …

    D'après le site : « Indépendance des chercheurs », article : Union Européenne et comédie : délocalisations ( I )


    http://science21.blogs.courrierinternational.com/archive/2011/12/10/union-europeenne-et-comedie-delocalisations-i.html




    Le 10 décembre, évoquant l'accord conclu à Bruxelles, un article de Patrick Martin-Genier dans Fenêtre sur l'Europe interroge : « Réforme des traités : Les marchés vont-ils se calmer ? Rien n’est moins sûr... ». L'article évoque entre autres « La pression des agences de notation ». Mais qui a confié aux « marchés », au capital privé et aux agences de notation privées leur rôle actuel, si ce n'est le monde politique lui-même par un processus qui se poursuit depuis trois décennies ? Et les « marchés » sont-ils autre chose que l'un des outils du grand capital ?


    Sur le même site, Clotilde de Gastines
    prévoit des « restructurations massives dans les fonctions publiques européennes ».

    Que restera-t-il, au sein de l'Union Européenne (UE), des services publics et des outils de souveraineté effective des États ? France Info
    commente : « UE/Accord des 26: vers « un vrai règlement de copropriété avec une discipline pour le respecter » (Michel Barnier) », et La Voix du Nord : « La zone euro va renflouer le FMI pour qu'il aide... la zone euro ». Dans un note intitulée « UE/GB: « Il ne s'agit pas de laisser la City sans régulation », assure Osborne», Les Echos se réfèrent au refus britannique de se joindre aux accords adoptés cette semaine, et fait état d'une déclaration du ministre britannique des Finances pour qui la City de Londres est un « très grand centre financier » sans comparaison possible avec les places financières du continent. La veille, La Tribune commentait « Europe : ce nouveau traité qui isole les Anglais ».

    Mais qui, sinon les « petits citoyens », paiera la facture de ce traité ? Et qui évoque dans la clarté le rôle destructeur permanent de la stratégie de privatisations et de délocalisations financières et industrielles ? Une politique planifiée par l'Union Européenne, et accélérée par l'Organisation Mondiale du Commerce (
    OMC) que dirige actuellement un « socialiste » français. Taiwan Info rapportait récemment que l'UE représente « 31,5% des investissements étrangers dans l’île ». De même, d'après les données diffusées par le Centre d'Informations sur Internet de Chine, les « investissements » en provenance de l'Union Européenne dans ce pays se poursuivent. En clair, « côté européen », on délocalise jusqu'au dernier sou. Quelle comédie nous joue-t-on à Bruxelles ?

    Même si la progression des « investissements européens » en Chine est devenue moins rapide, la note du 17 novembre dernier du Centre d'Informations sur Internet de Chine intitulée « Les investisseurs asiatiques deviennent le moteur des IDE en Chine »,
    http://french.china.org.cn/business/txt/2011-11/17/conten..., fait encore état d'une « augmentation modeste » des « capitaux en provenance des 27 membres de l'Union européenne ».
    La Chine et Taiwan ne sont, de toute évidence, que des exemples de cette fuite permanente de capitaux européens. Dans ces conditions la crise actuelle est-elle autre chose qu'une étape d'une stratégie planifiée destinée à anéantir la souveraineté et les acquis sociaux des pays de notre continent ?
    Et les réunions de Bruxelles sont-elles autre chose que des parodies pour détourner l'opinion publique de la réflexion sur la véritable origine de la crise actuelle ? Une « crise » prévue et planifiée sous les « droites » comme sous les « gauches », alors que les capitaux circulent depuis longtemps à l'échelle planétaire à la recherche des plus bas salaires et standards sociaux.
    La « dette » est-elle autre chose que le résultat prévu de longue date de cette stratégie économique et institutionnelle ?

    La mondialisation a-t-elle jamais été autre chose, dans la réalité, que la transformation progressive du monde en une immense zone de circulation de capitaux et de mise en concurrence de la main d'oeuvre manuelle et intellectuelle ? Quel résultat pouvait-on en attendre pour les populations de l'Europe occidentale et des États-Unis ? Et peut-on parler d'un quelconque « libéralisme », alors que cette économie mondiale se trouve de fait sous le contrôle de groupes très restreints, industriels et financiers ?
    Le 10 décembre également, un article de Robert Fisk dans le journal britannique The Independent porte le titre
    « Robert Fisk: Bankers are the dictators of the West ». Fisk dénonce notamment la soumission des politiques au capital financier et leur silence, ainsi que celui des médias, sur les responsabilités réelles dans la crise actuelle. Jusqu'à quand durera l'euro-comédie ?


    Xavier Marchand a écrit:Par contre il faut reprendre le contrôle de cette UE qui se bâtit depuis maintenant de trop longues années CONTRE les peuples.

    Pouvez me dire à quelle époque nous en avions, selon vous, le contrôle de la « construction » européenne ?

    Contrairement à la vieille rengaine, la « construction » européenne ne fut jamais celle des peuples et ne tenta jamais de l'être. Elle répond à un besoin précis du patronat européen et mondial, réformer le cadre des structures des décisions politiques pour être mieux à même d'imposer la régression généralisée, la contre-révolution permanente.


    Dernière édition par logan2 le Lun 6 Aoû - 10:33, édité 2 fois (Raison : Besoin d'un peu de couleurs, la « construction » européenne, c'est un sujet tellement triste. Désolé de vous infliger de l'Union Européenne, alors qu'il y a tellement de sujets d'espoir et de joie dans ce monde merveilleux !)
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    logan2

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    Un texte de Bernard Trannoy, Section ☭PCF du Bassin d’Arcachon

    Message  logan2 le Ven 17 Fév - 10:39

    Un texte de Bernard Trannoy, Section PCF du Bassin d’Arcachon
    Source : Réveil communiste : http://reveilcommuniste.over-blog.fr/article-pour-un-pcf-prenant-en-compte-les-attentes-populaires-99474468.html

    PCF, répondons-nous aux attentes populaires ? J’aurais tendance à considérer que c’est très loin d’être le cas. En effet une majorité d’ouvriers et d’employés sont dans une attitude de rejet vis-à-vis de l’Europe et de l’Euro. Prenons-nous en compte cette attente ? NON. Non seulement nous n’y répondons pas, mais nous pouvons même affirmer que nous sommes plutôt dans une attitude de refus de répondre à cette attente.

    La nation reste et restera pour longtemps le cadre référent de l’exercice démocratique. L’espace que les femmes et les hommes connaissent, appréhendent, où ils plongent leurs racines, leur être le plus profond. Ignorer cela, c’est se condamné aux pires déboires. La nation reste l’enjeu politique de l’affrontement de classe, là où se pose la question de la direction de l’état, là où le peuple organisé doit construire son hégémonie contre la dictature de la bourgeoisie. La question de la reconquête de la souveraineté nationale et populaire dans toutes ses dimensions est un élément central du combat de classe.

    Devons-nous faire comme si ce rejet n’existait pas ?

    Que répondons-nous aux salariés qui voient leur entreprise se délocaliser sous d’autres cieux, dans des pays à bas coût, fussent-ils en Europe, comme les FRALIB avec la Pologne. JLM malgré sa visite n’a absolument pas répondu à leurs attentes (De ce point de vue JLM avec sa proposition de protection aux frontières de l’Europe est à côté de la plaque. Les problèmes essentiels que nous avons à affronter n’ont pas pour source nos échanges avec la Chine, extra communautaire, mais viennent des déséquilibres des échanges INTRA EUROPEENS et des excédents allemands, basé sur le dumping social).

    Proposer une politique de coopération internationale comme alternative à la concurrence libre et non faussée et à ses diverses tentatives de régulation, suppose une nation qui puisse coopérer en connaissant ses intérêts pour décider politiquement de ce qui est mutuellement avantageux !

    Dans un monde soumis aux tempêtes de la crise d’un système, est-il responsable de continuer de naviguer tous hublots ouverts, au risque de couler ?

    Et pourquoi glisser sous le tapis ce qui dérange. Dénoncer le traité de Lisbonne, œuvre de N. Sarkozy certes. Mais en faisant l’impasse sur le traité de Maastricht œuvre de Mitterrand (idole de JLM) mais qui porte lui, création de l’Euro et de la BCE. On peut toujours regretter de l’avoir voté, mais que valent ces regrets ? Rien, si l’on ne remet pas en cause le traité de Maastricht et ce qui va avec, c’est à dire l’Euro et la BCE.

    Dans les débats qui nous traversent, sur les questions de l’Europe, de l’Euro et de la BCE, tous les coups sont-ils permis ?

    Ne faut-il pas sortir de la confusion entretenue entre monnaie commune et monnaie unique, n’avons-nous pas besoin de clarté ? Chaque fois que la question est posée, c’est « escape ».

    - Premier argument qui nous est opposé : Lorsque l’un d’entre nous (économiste, il se reconnaîtra), mais pas que lui, met en avant l’existence de la monnaie « Sucre » pour justifier l’Euro, joue-t-il franc jeu, j’en doute. Décidément l’économie est une chose trop sérieuse pour être laissée aux seuls économistes

    En effet le « Sucre » et l’« Euro » sont de nature totalement différente. Le « Sucre » est une monnaie commune, réglant les échanges au sein de l’ALBA, sur la base de projets économiques communs et qui gère collectivement une partie des réserves de change des différents pays. Les différentes monnaies nationales continuant leur existence. L’« Euro » est une monnaie unique s’imposant à tous. De fait, l’Euro n’est rien d’autre que le Mark, c’est-à-dire une monnaie faite sur mesure, adaptée aux réalités de l’économie allemande, mais en fait inadaptée aux réalités des autres économies européennes.

    Si l’Euro était une monnaie commune, le débat changerait de nature et mériterait qu’on s’y arrête.

    Donc l’argument « Sucre » est irrecevable, il faudra trouver autre chose.

    - Deuxième argument qui nous est opposé : L’Euro, c’est bien, voyez la Chine le défend !!

    A une époque, des politiques des USA déclaraient « Ce qui est bon pour la Général Motors, est bon pour l’Amérique ». Ce qui donne aujourd’hui, « Ce qui est bon pour la Chine est bon pour l’Euro, donc pour la France !!! »

    L’attitude de la Chine est tout à fait compréhensible, aux regards de ses intérêts nationaux. Effrayée qu’elle est d’avoir dans ses réserves plus de 4.000 milliards de $. D’où la recherche d’autres réserves de change, mais aussi l’achat massif d’or. En effet ces 4.000 milliards de $ peuvent se transformer rapidement en monnaie de singe.

    Ce qui est bon pour la Chine ne l’est pas forcément pour nous.

    - Troisième argument qui nous est opposé : Marine Le Pen est contre l’Euro, donc nous devons être pour !!!

    Ce que ressent le monde du travail, le peuple dans le rejet de l’Union Européenne et de l’Euro, c’est non seulement le constat que l’Euro est l’outil d’une guerre sociale contre les peuples, mais aussi que la bataille pour les salaires et l’emploi, pour les services publics, suppose des processus de rupture avec le capitalisme que ne permettent pas les règles européennes. Si Marine Le Pen a une telle place, c’est bien pour détourner la colère contre l’Euro de la colère contre le capitalisme ! Ne sommes-nous pas les premiers responsables de la montée du FN ? Nous avons abandonné le terrain de la défense de la Nation, de l’action pour la souveraineté (monétaire, mais pas seulement), la nature ayant horreur du vide, nous avons offert au FN un espace inespéré. Lutter contre le FN exige de NOTRE part de réoccuper l’espace que NOUS avons laissé ainsi à découvert. OUI nous sommes les premiers responsables de cette montée du FN !

    - Quatrième argument qui nous est opposé : La démarche conduit certains, et la direction du PCF, dans une défense acharnée de l’Euro, de la BCE et de l’Europe, en verrouillant tous débats organisés sur ces questions dans nos rangs.

    Ils doivent considérer que ce sont des affaires trop sérieuses pour être soumis aux débats, à l’appréciation des adhérents. Ne sommes-nous pas nous aussi dans la république des « experts » ? J’ai tendance à considérer ces attitudes, comme autant de postulats technocratiques, très loin de toutes réflexions politiques. Devons-nous laisser sur le bord de la route, ceux qui ne veulent pas de cette Europe, instrument de domination des « marchés financiers » autrement dit du « Capital », en les abandonnant aux mains du FN ?

    Pourquoi cet acharnement à vouloir défendre à tout prix, et même à n’importe quel prix, l’Euro et la BCE ? N’est-il pas le reflet d’un renoncement à changer les désordres sociaux existants ?

    En fait le positionnement sur ces questions, n’est-il pas la ligne de partage qui sépare ceux qui pensent le système capitaliste indépassable de ceux qui ne renoncent pas à son dépassement vers le socialisme ?

    Si certains pensent le système capitaliste indépassable, qu’ils le disent et l’assument. C’est une opinion respectable et qui doit être respectée.

    - Cinquième argument : L’Europe est-elle une réalité économique homogène autorisant une « camisole de force » unique ? Évidemment, NON.

    L’Allemagne a des excédents commerciaux supérieurs à 6% de son PIB sur ses « partenaires » européens. La Chine avec 4% d’excédent soulève immédiatement une levée de bouclier pour fustiger le taux de change du yuan. Mais là, pour l’Allemagne, c’est silence radio. Oubliant au passage que les excédents des UNS ne sont que le reflet des déficits des AUTRES. La maîtrise de monnaies nationales permettait de procéder aux ajustements nécessaires, prenant en compte l’hétérogénéité des différentes économies. Faute de quoi, nous sommes condamnés à mettre en œuvre les remèdes préconisés par Paul Krugman :

    « Les variations du cours des devises induites par les déséquilibres des balances des paiements et les mouvements de capitaux, permettent en temps normal de rééquilibrer les échanges internationaux. L’Europe, en créant l’euro, s’est privée d’un tel mécanisme. Faute de pouvoir dévaluer, la "solution" préconisée aujourd’hui par l’Europe et le FMI consiste à baisser le coût des exportations en réduisant les salaires, les dépenses sociales, les services publics ». C’est ce qui s’applique aujourd’hui en Grèce, avec le succès que l’on sait par les camarades de F. Hollande.

    Est-ce cela que nous voulons ? Et c’est ce que Hollande nous appliquera demain. Sommes-nous assez naïf pour croire que F. Hollande et le PS reviendrons sur les démolitions entreprises par Sarko ???

    Salaires, retraites réduits de plus de 40%, services publics démantelés. Mères de famille abandonnant leurs enfants, incapables qu’elles sont de les assumer. Les grecques qui parcourent les forêts pour abattre du bois pour se chauffer. En fait une Grèce qui replonge dans le moyen-âge. Un prof d’université qui doit se contenter de 450 € par mois. Et pendant ce temps les milliards d’Euros des privilégiés quittent la Grèce pour d’autres cieux qui leur seront plus clément (Oui ceux qui ne veulent pas partager).

    Est-ce cela que nous voulons ?

    Qu’est-ce que cette absurdité « un meilleur partage des richesses », le degré zéro de l’intelligence ? Alors que précisément l’adversaire de classe nous signifie depuis plus de 10 ans que le partage des richesses, « C’EST TERMINE ». Il faut être sourd pour ne pas l’entendre.

    L’issue étant à rechercher dans l’appropriation des richesses créées par la communauté des salariés.

    Jamais le capital n’a accepté d’autre partage que ce qui lui est arraché par l’organisation (syndicale et politique) et par l’action des victimes de ses prédations.

    Depuis 12 ans le mouvement social se bat en reculant. Les syndicats ne discutent plus des revendications des salariés, de leur défense. En Espagne, en Grèce, au Portugal, mais aussi chez nous, les syndicats en sont réduits à négocier la réduction des salaires, des congés, de la couverture sociale, etc... (C’est comme cela que le capital conçoit le partage). Sous la menace continuelle de délocalisation, nouvelle forme de la violence de classe. La CES, mais aussi le PGE sont devenus autant de vecteurs de soumission du monde du travail aux impératifs du capital par leur intégration à l’ensemble des dispositifs de domination du capital. (Via les financements européens reçus qui ne sont pas sans contrepartie) (Dernière dérive en date sur la Syrie, avec l’adhésion du PCF et du FdG [1] aux postulats de l’Empire, flanqué de Sarko, Merkel, Cameron, Hollande, tous ensemble, mêmes combats).

    S’accrocher à la BCE et à l’Euro, pour qui ? Pour quoi ?

    Faut-il encore s’accrocher coûte que coûte au mythe sans cesse remis au lendemain d’une possible Europe sociale ???
    Sortir, avant d’être broyés, comme les grecs, telle est la question ?

    S’accrocher à l’€uro, et refuser la sortie de cette monstruosité, c’est être tenu pour responsable de la catastrophe qui s’annonce.

    S’accrocher à l’€uro, c’est pratiquer qu’on le veuille ou non, la fuite en avant vers une Europe fédérale liquidatrice des états nations, et des droits des travailleurs.

    S’accrocher à l’€uro, c’est accepter que la seule variable d’ajustement possible soit à chercher dans la diminution des salaires, prestations, pensions et le démantèlement des services publics.

    S’accrocher à l’€uro, c’est refuser les ruptures nécessaires avec le capitalisme, c’est s’accommoder du désordre social actuel, c’est le gérer. A ce jeu le PS est meilleur que nous, nous ne servons donc plus à rien. C’est préparer un congrès de Tours à l’envers. C’est se dérober à nos responsabilités d’outil de la transformation sociale. C’est en dernière analyse être complice des politiques d’austérité en cours et à venir. C’est accepter qu’Athènes brûle.

    (Nota : Les islandais ont fait un doigt d’honneur aux banques britanniques en refusant de payer la dette. Au final ils s’en tirent pas si mal que cela).

    Nous sommes face à la nécessité d’une rupture avec ces outils non réformables, la nation comme terrain essentiel de la lutte des classes et la question de la reconquête de la souveraineté nationale et populaire.

    La sortie de la crise suppose, exige que la nation retrouve tous les attributs de sa souveraineté. Le sort du peuple français, c’est à Paris qu’il doit se décider, et NON à Bruxelles. Que le PCF substitue à la lutte des places actuelles, une analyse de la société retrouvant ses fondements de classe. La forme parti est-elle dépassé ? Dans tous les cas, celle en cours est obsolète, elle n’est faite que de verticalité, avec des ascenseurs qui ne fonctionnent que dans le sens de la descente. Basé sur une conception sommitale du rassemblement où nous sommes invités à faire acte d’allégeance autour du tribun. L’adhérent est simplement invité à jouer la claque, à mettre en œuvre des Kits prêt à l’emploi.

    Ce positionnement du PCF obéit-il à une démarche de principe fondée sur un projet, une éthique ? Ou est-il simplement destiné à ne pas froisser le partenaire potentiel (le PS).

    Sommes-nous obligés de suivre dans ses dérives un PS, qui a fait une croix sur les classes populaires ? Et qui sans hésitation réserve aux classes populaires le sort des grecs.

    A rester sans arrêt le nez fixé sur le seul horizon électoral, on finit par perdre de vue l’essentiel, à savoir, à quoi, à qui sommes-nous utiles ?

    Front de gauche, Izquierda Unida (Espagne), Bloc de gauche (Portugal), Die Linke (RFA), Syriza (Grèce), PGE autant de déclinaisons d’une même démarche de soumission et de refus de remettre en cause les dogmes européens. Autant d’outils d’intégration à la stratégie du capital, des « marchés financiers », rejoignant en cela la social-démocratie. Qui de ce fait ne peuvent jouer de rôle, faute de ne pas être en état d’indépendance.

    Les « couches moyennes » prochaines victimes ne continueront pas très longtemps à bénéficier des produits technologiques à bas coût venant de Chine ou d’ailleurs. Elles sont prisonnières du faux sentiment d’être les heureuses bénéficiaires de cette Europe-là, insensibles qu’elles sont aux souffrances des autres, enfermées dans leurs égoïsmes étroits. Est-il possible d’avoir très longtemps, d’un côté des sociétés qui seraient vouées à la production et penser qu’ici nous allons simplement consommer ce qui est produit ailleurs ? Ne voit-elle pas qu’elles sont les prochaines victimes toutes désignées ? Ne sont-elles pas dans ce que Pierre Bourdieu appelait « La servitude volontaire » ?

    Deux citations :

    Henri Lefèbvre : « Ceux qui pensent arrêter leur regard sur l’horizon et se bornent à regarder ce qu’on voit, ceux qui revendiquent le pragmatisme et de faire seulement avec ce qu’on a, n’ont aucune chance de changer le monde... L’utopie, c’est ce qu’il y a au-delà de l’horizon ».

    Lucien Sève (dialogue avec les auteurs du livre « Les vérités du matin », regard croisé sur un engagement) : « … Mais franchement, franchement, comment concevoir que ceux et celles qui siègent à Fabien soient à ce point au-dessous de la tâche cardinale que nous impose la véhémence de l’histoire ? J’en suis malade. Si vous y pouvez quelque chose… ».

    Bernard Trannoy, Section PCF du Bassin d’Arcachon, le 14/02/2012
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    L'euro est l'instrument des marchés contre les droits des travailleurs

    Message  logan2 le Sam 23 Juin - 14:02

    Un gérant de fonds de marché s'exprime : « Les choix qui seront laissés à Hollande par l'appartenance à la zone euro. »


    Source : Texte intégral ici : http://www.fakirpresse.info/Le-plan-de-bataille-des-marches,359.html


    François Ruffin : Vous avez publié un papier là, dont le titre est, en anglais, « François Hollande and France’s labour-market rigidity : the market will rock both ». François Hollande et la rigidité du marché du travail : le marché va chahuter, bousculer les deux.

    Nicolas Doisy : Tout à fait. Quand on regarde un petit peu la façon dont se déroulent les élections, dont les marchés perçoivent le problème européen, on se rend compte qu’il y a des chances non négligeables que François Hollande se trouve pris entre deux forces contradictoires : les marchés qui attendent de lui un certain nombre de réformes dites structurelles, qui vont porter sur l’assainissement des comptes publics évidemment, mais aussi des réformes qui sont appelées à rendre l’économie française plus performante. Or, c’est le type de réforme dont très vraisemblablement une partie de l’électorat de François Hollande se méfie, et si vous regardez bien, pour l’instant, François Hollande s’est abstenu de clarifier de façon nette sa position sur ce sujet. 
Et pour cause : il sait qu’il sera pris à terme, à un moment, entre la pression de ses électeurs et la pression des marchés. Déjà on a des investisseurs qui s’étonnent du faible détail des candidats dans leurs programmes, les anglo-saxons que je rencontre me demandent souvent : « Où est le programme ? » Je leur dis : « Il n y en a pas ! », et pour cause, c’est un jeu tactique pour l’instant, le programme on le saura une fois l’élection finie. Et en fait on le connaît déjà, il sera imposé par l’appartenance à la zone Euro.

    La fin du CDI

    François Ruffin : Vous dites non seulement François Hollande ne va pas tenir ses promesses, mais en plus c’est lui qui va devoir flexibiliser le marché du travail, c’est lui qui doit remettre en cause ce que vous appelez « the famous CDI » le fameux CDI, contrat à durée indéterminée.

    Nicolas Doisy : C’est lui qui va devoir le faire dans la mesure où c’est lui qui sera élu. En d’autres termes, de toute façon, qui que soit le prochain président de la république française, c’est un travail qu’il va devoir faire, parce que tout simplement il y aura la pression des pairs dans la zone euro, c’est-à-dire de l’Italie, de l’Allemagne, de tous les autres pays. Quand vous regardez bien l’Allemagne au milieu des années 2000 a fait ce genre de réformes, l’Italie, l’Espagne sont obligés de le faire aujourd’hui, la Grèce aussi. Pourquoi la France pourrait-elle s’en dispenser ?

    François Ruffin : Quel type de réforme ?

    Nicolas Doisy : Quelles réformes ? J’y viens. C’est le package typique de réformes qui a été imposé à la Grèce, qui est demandé aussi à l’Italie, qui est demandé aussi à l’Espagne, et c’est, si vous voulez, si on fait référence aux années 80, c’est ce qu’on appelle l’économie de l’offre, c’est ce qu’avaient fait en leur temps Reagan et Thatcher. L’Europe continentale a estimé qu’elle pouvait ne pas adopter ce modèle, c’est un choix de société, c’est un choix politique. Il se trouve qu’aujourd’hui le modèle traditionnel français, le modèle du CDI que vous mentionnez est en train d’arriver en bout de course. Il est à bout de souffle, quelque part. Et donc ce qu’il faut faire maintenant, c’est tout simplement le genre de réformes qui a été faite en Espagne récemment.

    François Ruffin : Vous avez un encadré pour dire, en gros, le Royaume Uni et l’Irlande ont flexibilisé leur marché du travail, et ça a marché. En revanche, en Europe continentale, et notamment en France on a fait de la résistance, et finalement, on obtient des moins bons résultats.

    Nicolas Doisy : Oui, tout à fait. En Europe continentale, on a voulu s’épargner l’idée de faire un contrat de travail unique qui soit suffisamment flexible, et tout est dans le « suffisamment », c’est une question de bon dosage de la flexibilité, mais l’important c’est un contrat de travail unique, donc le CDI tel que nous l’avons connu, nous ne le connaîtrons plus normalement, ça c’est clair.

    François Ruffin : Alors vous dites, « ça ne s’est pas fait en Europe continentale, alors que ça s’est fait au Royaume-Uni et en Irlande, donc aujourd’hui le moment est venu de flexibiliser le marché du travail en Europe continentale, on le voit en Espagne, on le voit en Italie, on le voit en Grèce… La France ne peut pas être le seul ilot à maintenir une rigidité sur son marché du travail dans une Europe qui flexibilise. »

    Nicolas Doisy : L’idée c’est de permettre aux entreprises d’avoir une plus grande flexibilité dans la gestion de leurs ressources humaines, de façon à ajuster au mieux leur personnel, leur force de travail, de façon a être les plus performantes. En d’autres termes, ça revient finalement à réduire substantiellement un certain nombre de garanties dont bénéficient, dont ont bénéficié jusqu’à présent les titulaires de CDI notamment. Et donc à imposer plus de flexibilité aussi sur les travailleurs. C’est là que ça va coincer, c’est là que ce sera problématique, parce que je ne suis pas certain qu’on pourra maintenir le modèle français tel qu’il est. C’est ça le point important. C’est que le conflit d’objectifs que va avoir François Hollande, c’est rester dans la zone euro et satisfaire les demandes de son électorat naturel. Les deux ne sont plus compatibles maintenant, on le voit depuis la crise grecque, il faudra qu’il fasse un choix. C’est pourquoi il est resté très prudent jusqu’à présent dans son expression publique.


    Dernière édition par logan2 le Lun 6 Aoû - 10:07, édité 1 fois
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    Re: [Europe] Faut il en sortir ?

    Message  logan2 le Ven 27 Juil - 6:50

    L'Union Européenne approfondit sa condition de satellite des plus gros intérêts capitalistes financiers des États-Unis.

    Non-seulement la « construction » européenne a été mise en route de manière cachée à l'époque par les intérêts américains, pour plus de détails http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=10207#p10207, mais cela continue avec l'enfoncement volontaire, le dépeçage de la Grèce, des services publics grecs, des droits des travailleurs grecs, de la démocratie au profit des intérêts financiers, notamment américains :

    En cherchant les objectifs de la visite du secrétaire d'État adjoint au Trésor américain Charles Collins à Athènes, nous pouvons voir dans les moteurs de recherche sur Internet que le mot privatisation apparaît, nous pouvons chercher donc plus avant :


    https://ixquick.com/do/metasearch.pl?q=Charles+Collyns+athens+privatization&


    Si nous traduisons un des sites trouvés :

    http://www.greeknewsagenda.gr/2012/07/finmin-meets-us-treasury-assistant.html




    Traduction :


    Le ministre des Finances Yiannis Stournaras s'est entretenu hier avec le Secrétaire américain au Trésor adjoint pour les finances internationales Collyns Charles , qui s'est rendu à Athènes dans le cadre d'une visite européenne à la Grèce et l'Italie .


    Stournaras informé Collyns sur le cours de l'économie grecque, les priorités du ministère dans les mois à venir et le programme de privatisation du gouvernement.

    De son côté, Collyns a exprimé le soutien des États-Unis à la Grèce et sa confiance que les efforts grecs porteront leurs fruits, en soulignant notamment l'intérêt des États-Unis dans le programme de privatisation de la Grèce. Collyns a également rencontré le vice-ministre des Finances, George Mavraganis avec qui il a discuté des questions liées au système fiscal et l'efficacité de la collecte des recettes.

    Fin de traduction

    L'Union Européenne est la chiourme où certains pays d'Europe sont enchaînés ensemble au profit du capitalisme. Les États-Unis en sont le garde-chiourme. Nous devons militer pour la sortie de cette organisation grâce à l'article 50 :

    1. Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l’Union.

    2. L’État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. À la lumière des orientations du Conseil européen, l’Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union. Cet accord est négocié conformément à l’article 188 N, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Il est conclu au nom de l’Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen.

    3. Les traités cessent d’être applicables à l’État concerné à partir de la date d’entrée en vigueur de l’accord de retrait ou, à défaut, deux ans après la notification visée au paragraphe 2, sauf si le Conseil européen, en accord avec l’État membre concerné, décide à l’unanimité de proroger ce délai.

    4. Aux fins des paragraphes 2 et 3, le membre du Conseil européen et du Conseil représentant l’État membre qui se retire ne participe ni aux délibérations ni aux décisions du Conseil européen et du Conseil qui le concernent. La majorité qualifiée se définit conformément à l’article 205, paragraphe 3, point b), du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne.

    5. Si l’État qui s’est retiré de l’Union demande à adhérer à nouveau, sa demande est soumise à la procédure visée à l’article 49.


    Dernière édition par logan2 le Lun 6 Aoû - 10:18, édité 1 fois (Raison : Liens hypertextes rendus plus visibles pour les non-membres)

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    Re: [Europe] Faut il en sortir ?

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