Forum du groupe de travail pour une Constituante


    Assemblée Constituante : une proposition méthodologique (Caleb Irri)

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    Papy râleur

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    Une piste aussi !

    Message  Papy râleur le Dim 30 Jan - 10:32

    miha a écrit:

    Dans mon esprit, les comités citoyens deviennent ensuite une assemblée constituante.
    Elaborer une nouvelle constitution est un chantier long et difficile.
    Commencer par exiger la mise en place de comités de citoyens tels que je les décris et dont les conclusions doivent faire autorité, c'est commencer le chemin.
    Les citoyens se sentiront alors de plus en plus écoutés, de plus en plus utiles et s'intéresseront alors à la démocratie qui méritera alors son nom.
    Les comités de quartier n'ont aucun pouvoir.


    J'aimerais être sûr que ce système soit possible ! Mais, par exemple, comment seraient sélectionnés-crées, ces comités citoyens ? Quel serait exactement leur rôle ? Deviendraient ils assemblée constituante ou nommeraient-éliraient ils des constituants ? Beaucoup de questions auxquelles il faudrait apporter des réponses ! Mais c'est une piste qui sera certainement intéressante à suivre !
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    Papy râleur

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    Heuh ! Sûr ?

    Message  Papy râleur le Dim 30 Jan - 13:47

    Xavier Marchand a écrit :


    Pour obtenir cette Constituante, on pourrait mettre en place partout des collectifs citoyens de circonscription qui soutiendront aux législatives les candidat(e)s qui signeront une charte pour une constituante.

    Mais comment déterminer les circonscriptions ?
    Et soutenir des candidats, à quelque élection que ce soit ne serait-ce pas discréditer une assemblée ?

    Dans cette charte ils/elles s'engageraient en cas d'élection, à proposer la convocation d'une constituante.
    Et lorsqu'ils seront élus ils continueront, contraints et forcés, comme avant sans se soucier de leurs promesses !
    À mon avis il ne faut surtout pas se commettre avec des politicards en place sous peine de perdre toute crédibilité !

    Dans cette charte, nous pourrions mettre noir sur blanc deux ou trois grands principes politiques qui assureraient que les signataires seraient vraiment décidés à rompre avec ce qui se fait actuellement.
    Qui nous ? Ne serait-ce pas le début du retour à la république bananière ?

    Mais ça peut et ça doit se débattre ! Nous sommes à un stade de découverte et de création, et pour le moment nous ne pouvons que travailler sur des hypothèses, des rêves ! Des envies !!!

    Comme disait Frédéric Dard : C'est mon avis et je le partage !

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    Papy râleur

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    Mais qu'est-ce ?

    Message  Papy râleur le Dim 30 Jan - 14:01

    Il serait peut-être utile de déterminer ce qu'est une constitution, comment chacun la voit et quel est son rôle ! Quelles sont les limites acceptables et les barrières à ne pas franchir. Comment s'établissent les rapports avec d'autres constitutions, d'autres états !

    Pour moi la constitution d'un état est le texte qui détermine ce que doit être un gouvernement, comment il est élu-nommé-coopté..., comment il peut se comporter et ce qui lui est interdit, comment la ou les diverses assemblées peuvent et doivent agir, quels sont les principes, le mode de vie et le mode de gestion d'un pays, d'une région etc... !

    Par ce fait une assemblée en place ne peut pas participer à sa création, ni un élu en place pas plus qu'un gouvernement en action !

    enfinlavraierevolution

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    la base citoyenne

    Message  enfinlavraierevolution le Dim 30 Jan - 15:47

    1. Le problème numéro un de toute assemblée citoyenne, c'est sa représentation. Et avant tout en terme de rapport dit "féminin masculin dans la tranche d'âge de 25 ans". Or, même si cette notion est sujette à discussion, selon de très nombreux individus, si cette parité était à peu près respectée en terme de représentation citoyenne, cela changerait radicalement la donne... Pour en savoir plus, lire : combien de femmes sur terre sur le site de l'Ined.

    2. Le problème numéro deux de toute assemblée citoyenne, c'est encore sa représentation, une fois l'idée acceptée - si elle l'est - qu'il faut au moins une femme pour un homme, dans chaque tranche d'âge de 15 ans, pour siéger dans une assemblée constituante. Car élire un(e) citoyen(ne) que nous ne connaissons pas vraiment pour l'avoir fréquenté(e) personnellement, c'est prendre le risque qu'elle ou il défende une position contraire à celle que nous voulons. Il faut donc un(e) citoyen(ne) représentant au maximum douze autres pour que cette notion aie du sens. Puis chaque Groupe de 12 individus qui se connaissent ayant élu une délégation, sept délégations procèdent par mandat pour désigner un(e) citoyen(ne) au sein du groupe devant participer aux travaux préliminaires à la constitution de l'assemblée... par département géographique (Ain, Aisne, Allier etc.)
    3. Toujours en terme de représentation, il faut veiller à élire ou mandater assez de citoyen(ne)s de tranches d'ages différents. 15-30 ans, 30-45 ans, 45-60, 60-75 ans, 75-90 ans. Si besoin, se renseigner pour comprendre où en est la France au sujet parité femmes - hommes et moyennes d'âges à l'Assemblée Nationale et au Sénat. Les chiffres parlent d'eux-mêmes.

    Faisons maintenant nos comptes : par ordre alphabétique (NPA + FDG + PCF) + écologistes vraiment à gauche + autres partis anticapitalistes + sympathisant(e)s non listé(e)s : quelle potentialité ?

    M'est avis que c'est suffisant pour former une belle Assemblée Constituante.

    Enfin la vraie révolution. Citoyenne, sans arme ni sang.


    enfinlavraierevolution

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    Mettre en place cette Assemblée Constituante

    Message  enfinlavraierevolution le Lun 31 Jan - 19:06

    Bonsoir à tous.

    je reprends les questions du modérateur et tente d'y répondre...

    Afin de mettre en place cette Assemblée Constituante, il convient de définir :
    I / Le rôle des Constituants
    - imaginer le futur, rien de moins !

    1_ L'âge des postulants(16, 18, 20, 30 ans ?)
    - tous âges de 15 à à 90 ans

    2_ Les postulants (n'importe qui ?)
    - oui, tout(e) citoyenne(e) décidé(e) à participer. Cela oblige aussi à se former à titre personnel.

    3_ Les modalités d'élection (élus ou tirés au sort ?)
    - élections par bulletins secrets puis mandats courts et uniques (pas question d'en faire un métier !) Le tirage au sort pose un gros problème de fichier informatique. Avons-nous les coordonnées des 60 millions de français ?

    4_ Le statut social des postulants (rémunérés, défrayés ou bénévoles ? Inéligibles par la suite ou pas ?)
    - bénévoles défrayé(e)s, qui perçoivent pendant le temps de leur mandat la rémunération qui leur permettait de vivre auparavant : salaires, honoraires, cachets, pensions de retraite, etc.

    II / La formation de l'Assemblée Constituante
    - il ne peut s'agir que d'un nombre de représentant(es) élu(es) ou mandaté(es). 60 millions de français pourraient élire ou mandater une délégué(e) pour 10.000 citoyen(es), ce qui est déjà beaucoup...

    1_ Le nombre de volontaires acceptés (1000, 10000 ou tous ?)
    - volontaires pour quoi ? S'il s'agit simplement de participer, alors la réponse est "toutes et tous !" Il s'agit de défendre les droits de toutes et tous, sans exception.

    2_ Le nombre de Constituants participants (10, 100 ou 1000 ?)
    - participants à quoi ?

    3_ Le mode de formation de cette Assemblée ( à une date prévue ou une fois le nombre de candidats établi ?)
    - une fois le nombre de candidats établi, se fixer une échéance. A cette date, si le nombre de représentants des citoyens est insuffisant, il faudra faire avec.

    III / Le fonctionnement de l'Assemblée Constituante
    1_ Déterminer la durée du processus constituant (6 mois, 1 an ou 2 ?)
    - 2 ans, rien de trop.

    2_ Définir les modalités de réunion de l'Assemblée (toutes les semaines ou tous les mois ? Sur internet ou en un lieu fixe ?)
    - sans internet c'est impossible, au moins au départ. Une fois que le noyau existe, on passe aux réunions physiques. La fréquence des réunions dépend du succès de l'entreprise.

    3_ Définir l'organisation du travail de l'Assemblée (des groupes travaillant par sujet, ou par département, ou par région ? A partir des doléances du peuple ou des propositions de l'Assemblée, ou les deux à la fois ?)
    - tout doit être envisagé. Il faudra s'adapter.

    4_ Etablir le cahier des charges à remplir par l'Assemblée (reprendre le squelette de l'actuelle Constitution ou en créer un nouveau ? Se baser sur la déclaration des droits de l'homme ou en rédiger une autre ?)
    - se baser sur la DDH qui n'est toujours pas respectée.

    IV / Le contrôle des travaux de l'Assemblée par le peuple
    1_ Les moyens de participation du peuple au projet constituant (par le biais d'un site internet, de référendums, de publications ?)
    - sites internet puis référendums papier en sus

    2_ Le droit de veto du peuple sur l'avancement des travaux de l'Assemblée (des votations à intervalles réguliers, des groupes de réflexion consultés, des spécialistes confrontés ?)
    - les trois solutions sont bonnes à prendre.

    3_ Les modalités de validation du projet de l'Assemblée par le peuple (par référendum à la majorité plus une voix, ou aux deux tiers ? Proposé à l'adoption sujet par sujet ? à la fin du processus constituant, ou à plusieurs reprises durant le processus ?)
    - Proposé sujet par sujet, à toutes les étapes si besoin.

    Merci pour ce travail préparatoire et cette série de questions, j'ai tenté d'apporter ma pierre, mais ce n'est pas simple...

    Enfin la vraie révolution, sans arme ni sang.
    .
    .
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    GASCOIN

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    Ca commence bien!

    Message  GASCOIN le Lun 31 Jan - 21:57

    A peine mis en route, voilà que les interdits fleurissent. Qu'avez vous contre les élus? Ils devraient porter une étoile de quelle couleur si vous obteniez le pouvoir. Je suis élu depuis de nombreuses années et j'ai fait la preuve de mon intégrité, tandis que vous.....parole, parole, parole!
    Sérieusement,je pense que le plus urgent et avant de savoir combien, qui? c'est de savoir vers quelle forme de société nous voulons aller. Dans un premier temps nous avons plus besoin de philosopher que de faire des comptes. Mais il ne faudra pas en rester là bien entendu.

    CatArt a écrit:Salut à toi,

    Je verrais donc une assemblée composée d'une centaine de personnes choisies par le peuple sur une liste de candidats où chaque électeur rayerait les noms qui ne lui convienne pas. No

    Nous nous verrions plus le peuple qui propose des noms, c'est nom feront une liste qui devra être approuvée par le peuple "référendum".
    Pas et surtout pas d'élus actuels dans la révolution.

    Ta réaction est très très bonne et je vais bien lire le reste

    Merci
    sunny sunny
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    Re: Assemblée Constituante : une proposition méthodologique (Caleb Irri)

    Message  Admin le Lun 31 Jan - 22:19

    Impossible de se passer des élus dans le débat. Ce n'est même pas souhaitable.

    Pour soutenir le projet non plus, surtout si on doit écrire une charte que les candidats(e)s aux législatives doivent signer.

    Il y aura forcément des élus.

    Mais vrai aussi qu'il faudra réfléchir au non cumul des mandats et aux mandats uniques. Non renouvelables.

    Certaines pratiques doivent changer, pour que la confiance revienne entre les élus et certain(e)s électeur(trice)s.

    Mais pas d'exclusion dans le débat, de grâce.
    On ne fera rien sans l'avis et le soutien de certains personnels politiques en place...

    Même pour faire la Révolution, on a sans doute besoin des syndicats, des partis et des associations.

    Celui qui pense le contraire risque l'erreur... MAIS dans un projet de nouvelle Constitution, on pourra tout à fait comprendre qu'une majorité de gens s'exprime pour que les Constituant(e)s n'aient jamais été élu(e)s.

    C'est une idée que l'on rencontre souvent.

    Il doit y avoir débat, mais il faut d'abord trouver la force et le levier pour obtenir la convocation d'une Constituante.

    On n'aura jamais assez besoin de soutien pour cet objectif.

    Partons au moins ensemble ;-)
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    Re: Assemblée Constituante : une proposition méthodologique (Caleb Irri)

    Message  reve le Lun 31 Jan - 22:36

    IL NE FAUT AUCUN ELU QUI A EXERCER UN MANDAT ? C EST MA CONVICTION
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    Re: Assemblée Constituante : une proposition méthodologique (Caleb Irri)

    Message  Admin le Lun 31 Jan - 22:41

    reve a écrit: IL NE FAUT AUCUN ELU QUI A EXERCER UN MANDAT ? C EST MA CONVICTION

    Parmi les gens qui vont travailler à obtenir la convocation d'une Constituante?

    Parmi les gens qui vont réfléchir au projet de Constitution?

    Ou parmi les gens qui seront élus à la Contituante?
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    Re: Assemblée Constituante : une proposition méthodologique (Caleb Irri)

    Message  Sylvère Labis le Mar 1 Fév - 6:43

    Ceux qui avaient participé à la rédaction de la constitution de la IVè république, selon le programme du CNR, disent qu'ils ont posé le principe de la Sécurité Sociale et ordonné autour, l'école et les services publics, et enfin l'appareillage juridique et démocratique.
    Il faudrait intègrer des éléments qui permettraient de faire rentrer le génie du commerce dans la lampe d'Aladin pour éviter les débordements de la piraterie capitaliste. Eviter, par exemple, que la "société civile" ne soit étouffée par le harcèlement du prosélytisme religieux, politique ( la propagande ) ou commercial ( la pub ) ou d'autres origines, passant aussi bien par le vêtement que par les affiches ou les chansons, sans pour autant remettre en cause la liberté d'expression.

    « La liberté dans une démocratie n’est pas assurée si le peuple tolère que la puissance privée grandisse au point qu’elle devienne plus forte que l’Etat démocratique lui-même, ce qui fondamentalement est le fascisme. » F.D.ROOSEVELT message au
    Congrès, 11 JANVIER 1944

    Il était entendu que les députés à la constituante ne pouvaient pas être élus à l'Assemblée Nationale.

    Nous disposons déjà des travaux de tous les philosophes des Lumières et de ceux qui leur ont succèdé jusqu'à aujourd'hui. Ces gens ont défini l'humanisme et la défense de l'individu comme produit de la raison et le contrat social. Comment demander au peuple d'obéir à des lois dont l'élaboration s'est faite sans son intervention et qui n'émanent pas de lui ? C'est le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen était un résumé de cette philosophie humaniste, car comment faire le bonheur de l'humanité sans commencer par faire celui des individus. Mais c'est un texte qui a vieilli. Depuis, la Déclaration Universelle des Droits de la Personne Humaine, lue par Eleanor Roosevelt, en 1948, à la tribune de l'Assemblée Générale de l'Organisation des Nations Unies a déclaré la colonisation, la guerre de conquête et l'esclavage comme crimes contre l'Humanité.

    Le président, dans notre constitution, est le gardien de cette constitution. On voit ce que ça a donné. Les constituants devraient être à l'origine d'un conseil constitutionnel chargé de protèger la constitution des modifications de circonstances.

    Le socialisme, disait Jaurès, c'est la république poussée jusqu'au bout ! Cette république intégrale, je la souhaite Universelle.

    Etienne Chouard est très intéressant. Bernard Friot, également qui remarque que la Caisse de Répartition de la Sécurité Sociale et le principe de la cotisation comme méthode d'investissement, ainsi que le salaire "continué" de la retraite, des congés payés et de l'assurance maladie sont des éléments totalement anti-capitalistes en eux-mêmes. Le statut des fonctionnaires dessinait le destin d'un salarié-citoyen non soumis à la subordination et modèle à faire appliquer dans les entreprises privées. Bernard Friot envisage même un salaire dès 18 ans, jusqu'à la mort, augmenté par chaque formation sanctionnée par examen, etc. Très intéressant ! Ce salaire ne serait pas versé par l'entreprise, mais par la Caisse de répartition du secteur économique concerné, alimentée, elle-même par les entreprise versant leur plusvalue... Bien sûr, on n'est pas obligés d'aller tout de suite jusque là.
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    Sylvère Labis

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    Re: Assemblée Constituante : une proposition méthodologique (Caleb Irri)

    Message  Sylvère Labis le Mar 1 Fév - 6:51

    La république, la vraie, est une architecture de conseils, de commissions, de comités, d'assemblées, de communes, de collèges, de chambres, de cellules, d'aréopages, de parlements, de soviets, de collectifs, formels ou informels, y compris toutes sorte d'associations, rassemblant des habitants, des professionnels, des groupes d'opinion, des activistes, des citoyens de toutes sortes et de toutes obédiences, pour agir, réfléchir, proposer, organiser, décider... collectivement et mutuellement de ce qui les concerne. Les médecins dans les hopitaux, les professeurs dans les écoles, les ouvriers dans les usines, les habitants du quartier, etc.
    Et quand il y a scrutin, il est proportionnel, c'est évident. On vote alors pour des décisions, sur un programme et pour la liste des gens qui l'ont élaboré et se proposent de l'appliquer dans l'intérêt général. C'est la souveraineté populaire.
    Remplacer ces instances par des chefs à tous les niveaux et les élections par des plèbiscites, c'est changer de régime et faire crever la gauche à plus ou moins longue échéance.
    Dans une élection normale, les élus sont des représentants avec un mandat dont ils doivent rendre compte. Un plèbiscite désigne un chef auquel la population se confie aveuglément.
    La seule stratègie raisonnable, pour résister à ce scrutin qui a l'air démocratique mais qui en est le contraire, c'est de commencer tout de suite la campagne des législatives. Le régime que préfèrent les électeurs, c'était la "cohabitation" ; une assemblée d'une couleur différente de celle du président, histoire d'installer un contre-pouvoir permanent. C'est ce régime qu'on voulu supprimer Jospin et Chirac, pour profiter d'un pouvoir absolu.
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    Re: Assemblée Constituante : une proposition méthodologique (Caleb Irri)

    Message  Admin le Mar 1 Fév - 6:56

    Sylvère Labis a écrit: Le régime que préfèrent les électeurs, c'était la "cohabitation" ; une assemblée d'une couleur différente de celle du président, histoire d'installer un contre-pouvoir permanent. C'est ce régime qu'on voulu supprimer Jospin et Chirac, pour profiter d'un pouvoir absolu.

    Assez d'accord avec cette analyse.

    C'est pour cela qu'ils ont interverti les présidentielles et les législatives (le calendrier prévoyait d'abord les législatives) à une large majorité Droite/PS...
    Et tout se joue maintenant à l'Elysée.

    Il faut donc miser sur les législatives pour changer de nouveau les choses.

    Des collectifs locaux peuvent davantage peser sur les circonscriptions qu'au niveau national.

    Ecrivons une charte pour une Constituante que chaque candidat devra signer, s'engageant à convoquer une Constituante s'il est élu!
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    Sylvère Labis

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    Re: Assemblée Constituante : une proposition méthodologique (Caleb Irri)

    Message  Sylvère Labis le Mar 1 Fév - 7:38

    Admin a écrit:
    Ecrivons une charte pour une Constituante que chaque candidat devra signer, s'engageant à convoquer une Constituante s'il est élu!
    Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée. Imagine que Sarkozy s'empare de cette idée pour nous concocter une VIè république à sa sauce !

    C'est le problème du rapport de force. Tant qu'on ne l'a pas inversé, tout ce qu'on fait peut être capté et accomodé à la cuisine UMPiste comme il l'a fait pour le Grenelle de l'environnement.
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    Re: Assemblée Constituante : une proposition méthodologique (Caleb Irri)

    Message  Admin le Mar 1 Fév - 8:03

    Sylvère Labis a écrit:
    Admin a écrit:
    Ecrivons une charte pour une Constituante que chaque candidat devra signer, s'engageant à convoquer une Constituante s'il est élu!
    Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée. Imagine que Sarkozy s'empare de cette idée pour nous concocter une VIè république à sa sauce !

    C'est le problème du rapport de force. Tant qu'on ne l'a pas inversé, tout ce qu'on fait peut être capté et accomodé à la cuisine UMPiste comme il l'a fait pour le Grenelle de l'environnement.

    C'est un risque. Mais pour le moment, le cuistaud de l'UMP il n'a personne pour saboter sa cuisine.

    Oui pour le Grenelle de l'environnement, tout a été détourné.

    Mais je préfère prendre comme exemple la campagne de 2005 contre le TCE.

    Là il y avait de vrais collectifs locaux et ils ont battu sur le terrain de la campagne les médias et les deux plus grands partis politiques.
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    Re: Assemblée Constituante : une proposition méthodologique (Caleb Irri)

    Message  Joinneau le Mar 1 Fév - 8:31

    JPJ01 a écrit:construire une constitution demande des compétences juridiques particulières

    Pourquoi ne pas partager ces compétences en ligne ?
    Nous autres, "les masses juridiquement incompétentes", ne somme nous pas désormais plus nombreux et plus disponibles sur internet que les élites ?
    Notre puissance collective n'a t'elle pas démontrée son existence ? Dans le logiciel libre par exemple ?
    Ou en serait le logiciel libre sans les milliers de contributions des masses incompétentes ? Si le logiciel libre était fait par les seules élites, comme dans une entreprise classique, y aurait il une telle profusion (plus de trois mille distributions linux recensées à ce jour)
    Je ne conteste pas le rôle moteur des élites, mais les élites seraient improductives si elles ne partagaient pas leur compétences avec les masses.
    En plus d'une assemblée constituante "traditionnelle" je préconise donc un "wiki constituant" sur le modèle de wikipédia, ou les élites dûment identifiées et démocratiquement élues pourrait canaliser et synthéthiser le flot inévitable de propositions émanant des masses.
    Le rôle des élites est donc un rôle de compilation et de synthése essentiellement, mais sont elles prêtes a jouer humblement ce rôle et renoncer ainsi aux honneurs et au prestige du tribun fièrement drapé de 1789 ?

    Que de frustrations en perspective pour ces licenciées d'histoire ou de philo...obligées d'intégrer des plombiers poilus ou des béotiens vulgaires...et je ne parle pas du sdf au regard plein d'amour qui se ramènera avec son pitbull et ses tatouages. :-)

    Un ancien Pâtissier
    (attention, je sais non seulement manier le verbe mais aussi le couteau de tour et le rouleau à pâtisserie)
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    Re: Assemblée Constituante : une proposition méthodologique (Caleb Irri)

    Message  Joinneau le Mar 1 Fév - 8:44

    Admin a écrit:Impossible de se passer des élus dans le débat. Ce n'est même pas souhaitable.

    Pour soutenir le projet non plus, surtout si on doit écrire une charte que les candidats(e)s aux législatives doivent signer.

    Il y aura forcément des élus.

    Mais vrai aussi qu'il faudra réfléchir au non cumul des mandats et aux mandats uniques. Non renouvelables.

    Certaines pratiques doivent changer, pour que la confiance revienne entre les élus et certain(e)s électeur(trice)s.

    Mais pas d'exclusion dans le débat, de grâce.
    On ne fera rien sans l'avis et le soutien de certains personnels politiques en place...

    Même pour faire la Révolution, on a sans doute besoin des syndicats, des partis et des associations.

    Celui qui pense le contraire risque l'erreur... MAIS dans un projet de nouvelle Constitution, on pourra tout à fait comprendre qu'une majorité de gens s'exprime pour que les Constituant(e)s n'aient jamais été élu(e)s.

    C'est une idée que l'on rencontre souvent.

    Il doit y avoir débat, mais il faut d'abord trouver la force et le levier pour obtenir la convocation d'une Constituante.

    On n'aura jamais assez besoin de soutien pour cet objectif.

    Partons au moins ensemble ;-)

    Tout a fait d'accord, a une nuance près, les élus et les élites en général doivent se contenter d'un rôle de pédagogie, de compilation et de synthèse. Je ne redoute pas tant la récupération politique que la perpétuation du systéme élitiste que nous voulons abattre.
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    Il faut une constituante Européenne

    Message  Joinneau le Mar 1 Fév - 8:57

    Papy râleur a écrit:Il serait peut-être utile de déterminer ce qu'est une constitution, comment chacun la voit et quel est son rôle ! Quelles sont les limites acceptables et les barrières à ne pas franchir. Comment s'établissent les rapports avec d'autres constitutions, d'autres états !

    Pour moi la constitution d'un état est le texte qui détermine ce que doit être un gouvernement, comment il est élu-nommé-coopté..., comment il peut se comporter et ce qui lui est interdit, comment la ou les diverses assemblées peuvent et doivent agir, quels sont les principes, le mode de vie et le mode de gestion d'un pays, d'une région etc... !

    Par ce fait une assemblée en place ne peut pas participer à sa création, ni un élu en place pas plus qu'un gouvernement en action !

    Il faut voir grand...une constituante Européenne, voire Eurasienne.

    Si le systéme est relativement bien verouillé au niveau national il est encore contesté au niveau Européen, exploitons les failles ou elles se trouvent.
    L'opinion suivra une constituante Européenne et la police belge est en situation de faiblesse, si elle doit gérer un 1789 Européen, surtout dans le contexte de foutoir gouvernemental dans lequel se trouve la Belgique.
    C'est le moment d'agir. Pas de réflechir.
    Les Tunisiens n'ont pas réflechi. Ils ont agi et l'histoire est en train de leur donner raison.
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    Re: Assemblée Constituante : une proposition méthodologique (Caleb Irri)

    Message  Joinneau le Mar 1 Fév - 9:10

    enfinlavraierevolution a écrit:

    Enfin la vraie révolution. Citoyenne, sans arme ni sang.


    1789 n'était pas le Larzac. La tunisie en 2011 non plus.
    S'il y a des morts qu'est ce qu'on fait ? On retourne à la maison et en remet ça siné dié ?
    Ce n'est pas la solution: quand on a franchi le rubicon il faut aller jusqu'au bout. Comme sont en train de le faire les Tunisiens, les Egyptiens et les Ivoiriens.
    Ben oui, cela met le Larzac au rang des antiquités. Et alors ?
    Le Larzac reviendra.
    La révolution n'attend pas.

    Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience.(René char)
    (c'était sur une carte de Voeux que m'a envoyée Laurence Dumont, députée PS de 97, que je salue au passage)
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    Re: Assemblée Constituante : une proposition méthodologique (Caleb Irri)

    Message  Sylvère Labis le Mar 1 Fév - 10:27

    Généralement, la révolution commence sans violence. C'est toujours la réaction qui est violente et c'est pour ça qu'on parle de réactionnaires. Si la violence était mise en avant, le peuple ne suivrait pas. En 1936, c'était à la victoire pacifique du Front Populaire que les ouvriers ont fait la fête au lieu de reprendre le travail. Le peuple commence par réclamer pacifiquement ses droits.
    Agir n'empêche pas de réfléchir.
    Les gens savent toujours beaucoup plus de choses qu'ils ne croient. Ce qui leur manque c'est l'assurance. À plusieurs on est toujours plus intelligents que tout seul. Cessons de faire confiance à des spécialistes-charlatans.
    Si le langage que nous employons n'est pas assez juridique, peu importe, on redéfinit chaque mot en lui donnant le sens précis que l'on veut et ça rajeunira ce langage juridique qui date d'après la révolution de 1789, comme par hasard...
    Même les réflexions des philosophes, tout le monde les a en tête, sans même s'en douter. C'est notre sens de la justice, de l'égalité et de la solidarité.
    La république, c'est une architecture de conseils et d'assemblées, etc. Il faut commencer avec l'assemblée constituante et même au niveau de la rédaction des catalogues de revendications.
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    Re: Assemblée Constituante : une proposition méthodologique (Caleb Irri)

    Message  Sylvère Labis le Mar 1 Fév - 10:49

    On sait ce qu'on veut et ce qu'on ne veut plus. On ne veut plus que des gens meurent dans les rues. On ne veut plus de la chasse aux immigrés et aux Roms. On ne veut plus être harcelés par la pub. On ne veut plus de ce monde mercantile et corrupteur. Ce pouvoir nous veut abrutis, oublieux de notre histoire, il veut que chacun soit isolé, servile et vénal.
    On veut du travail pour tout le monde et que plus personne ne soit sur le bord du chemin.
    On veut pouvoir gèrer collectivement, à notre niveau, nos propres affaires, avec nos proches, au village, au quartier, à l'atelier, sur le chantier, au bureau, à la boutique, dans la famille, avec nos voisins, à l'école de nos enfants. On veut être partie prenante des décisions qui concernent notre département, notre région, notre pays, notre continent.
    On ne veut plus que des vampires ramassent la plus value avant même qu'on l'ait produite. On ne veut pas que des êtres humains soient vendus comme du bétail...
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    Re: Assemblée Constituante : une proposition méthodologique (Caleb Irri)

    Message  Sylvère Labis le Mar 1 Fév - 11:12

    CADTM comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde

    27 janvier 2011

    L’Assemblée constituante a été élue en novembre Un jour, il y a quelques mois, un anglais passant par Paris, rencontré à la librairie Lady Long Solo, nous alertait sur la révolution en Islande. Quelle révolution ? On n’en entend parler nulle part. Une rapide recherche google ne donne rien du tout, aujourd’hui, ni en associant le mot « révolution », ni même « crise », où l’on ne trouve que des détails sur la crise financière, effectivement à l’origine de cette révolution, qui a eu lieu en 2008, dans ce pays d’à peine plus de 300 000 habitants, classé au deuxième rang mondial sur l’indice du développement humain, l’IDH, derrière la Norvège, à la veille de cette crise, en 2006.

    Confronté alors à la faillite brutale du système bancaire, le peuple était descendu dans la rue. Du jamais vu au pays des geysers d’eau chaude. La droite avait aussitôt dû céder la place à la gauche. Et, pour commencer, les banques avaient été nationalisées. Notre informateur anglais en avait entendu parler pour les projets législatifs de liberté totale pour internet, tels que des sites anglais pensaient à s’héberger là. Plus encore, il insistait pour parler d’une véritable révolution, sans pouvoir la décrire plus, mais s’étonnant qu’on n’en ait jamais entendu parler.



    Cherchant alors avec obstination, on a fini par voir des images du palais présidentiel assiégé par une foule qu’on qualifierait ici sans hésiter d’anarcho-autonome. En plus des drapeaux noirs, on pouvait deviner dans la foule une forte composante de citoyenneté de type écologiste. Et on comprenait que le pauvre malheureux flic, tout seul devant le palais présidentiel, ait rapidement dû se rendre sous la pression de la foule. Celle-ci, néanmoins pacifique, n’usait que de casseroles et autres objets bruyants, selon la méthode argentine du cacerolazo, qui a su s’avérer très payante aussi là-bas.



    Le président avait plié bagage. Un nouveau gouvernement s’était institué. Mais, quelques temps plus tard, celui-ci avait la mauvaise idée de proposer le remboursement de la dette des banques vis-à-vis du Danemark ou de la Grande Bretagne. Le peuple est de nouveau descendu dans la rue. Un référendum sur la question était imposé par volonté populaire, et une petite majorité de 93% rejetait l’accord prévu par les gentils gouvernants.

    Parmi les informations glanées, cette image saisissante de l’agora dans les bains publics chauds, où le peuple s’assemble tous les matins pour débattre de comment refaire le monde.



    Consécration de cette révolution, l’élection d’une Assemblée constituante, le 27 novembre 2010, événement peut-être plus considérable que la nuit du 4 août 1789 où était votée l’abolition des privilèges, dont on ne se serait pas aperçu sans la vigilance de Truks en vrac, de notre ami B.Bec, du Gers, relayant le CADTM, ou de Jean-Luc Mélenchon, qui trouve là une similitude avec ses propres thèses constitutionnalistes, mais ne semble pas voir plus loin que le bout de son nez anti-capitaliste.



    Merveille de la désinformation. Un événement aussi considérable qu’une véritable révolution démocratique, telle qu’on n’en a jamais vue en Europe, peut se produire sans que la presse, ni google, ne permettent d’en savoir quoi que ce soit. C’est sûr qu’à l’heure de la consolidation anti-démocratique que vivent la plupart des pays européens, l’exemple islandais ne fait pas vraiment l’affaire de nos régimes policiers, qui montrent là encore leur aptitude à verrouiller rigoureusement la conscience collective.



    On aimerait assurément en savoir plus sur cette révolution islandaise. Voilà des mois que Paris s’éveille rêve de téléporter sa rédaction pour un reportage approfondi au pays des chasseurs de baleines et d’utopie. S’immerger dans les bains chauds de la révolution démocratique fait certes envie, surtout vu du cœur de notre hiver sécuritaire.



    Il faut s’imaginer les 25 « simples citoyens » qui vont plancher sur la constitution idéale. Le souffle de l’humanité devrait se retenir. Où l’on verra probablement qu’il n’est pas difficile de faire mieux que toutes les figures de pseudo-démocraties qui se sont déclinées jusqu’ici sur les cinq continents.

    Cet article se voudrait un appel à qui aurait plus d’informations sur cette extraordinaire histoire islandaise. On peut écrire à l’auteur : michelsitbon@gmail.com Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. , ou moi-même, et je relayerai avec plaisir.



    Depuis le samedi 27 novembre, l’Islande dispose d’une Assemblée constituante composée de 25 simples citoyens élus par leurs pairs. Son but : réécrire entièrement la constitution de 1944 en tirant notamment les leçons de la crise financière qui, en 2008, a frappé le pays de plein fouet.



    Depuis cette crise dont elle est loin d’être remise, l’Islande a connu un certain nombre de changements assez spectaculaires, à commencer par la nationalisation des trois principales banques, suivie de la démission du gouvernement de droite sous la pression populaire. Les élections législatives de 2009 ont amené au pouvoir une coalition de gauche formée de l’Alliance (groupement de partis composé des sociaux-démocrates, de féministes et d’ex-communistes) et du Mouvement des Verts de gauche. C’était une première pour l’Islande, tout comme la nomination d’une femme, Johanna Sigurdardottir, au poste de Premier ministre.



    Très vite, le nouveau gouvernement se trouve face à un problème épineux : le règlement aux Pays-Bas et au Royaume-Uni d’une dette de 3,5 milliards d’euros suite à la faillite d’Icesave, banque en ligne dont les opérations étaient tournées principalement vers ces deux pays. Sous la pression de l’Union européenne, à laquelle les sociaux-démocrates souhaiteraient adhérer, le gouvernement fait voter en janvier 2010 une loi autorisant ce remboursement, ce qui reviendrait, pour chaque Islandais, à débourser pendant huit ans une somme d’environ 100 euros par mois. Mais le président de la République refuse de ratifier la loi, dont le texte est alors soumis à un référendum. À plus de 93%, les Islandais votent contre le remboursement de la dette (6 mars), et depuis le problème reste en suspens.



    C’est dans ce contexte que l’Islande décide de modifier sa constitution, qui en fait n’a jamais été vraiment rédigée : lorsqu’en 1944 la république avait été proclamée, on s’était contenté de recopier dans les grandes lignes la constitution du Danemark, pays dont l’Islande dépendait depuis plusieurs décennies, en remplaçant simplement le terme de “roi” par celui de “président de la République”. C’est donc une nouvelle constitution qu’il s’agit d’écrire entièrement, et pour cela on a décidé de faire confiance au peuple souverain. Il y a eu d’abord un appel à candidatures (tout le monde pouvait se présenter à l’exception des élus nationaux, à condition d’avoir dix-huit ans révolus et d’être soutenu par au moins trente personnes) auquel ont répondu 522 citoyennes et citoyens. C’est parmi eux qu’ont été élus les 25 constituants.



    Ces derniers commenceront à se réunir à la mi-février et rendront leur copie avant l’été. Parmi les propositions qui reviennent le plus souvent, on peut noter la séparation de l’Église et de l’État, la nationalisation de l’ensemble des ressources naturelles et une séparation claire des pouvoirs exécutif et législatif.

    Certes, l’Islande n’est qu’un petit pays d’environ 320 000 habitants. Elle donne cependant là une belle leçon de démocratie aux grands États dont la France : songeons que, dans notre pays, la réforme constitutionnelle de 2008 a été entièrement rédigée à l’Élysée, et que les parlementaires ne l’ont adoptée qu’à deux voix près après avoir été soumis pendant des semaines à des pressions intolérables de la part du chef de l’État.

    Source : truks en vracs ; comité pour l’annulation de la dette du tiers-monde
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    Re: Assemblée Constituante : une proposition méthodologique (Caleb Irri)

    Message  miha le Mar 1 Fév - 11:42

    Un débat comme je les aime !

    Je reviens avec mon idée d'assemblée ou de comités citoyens.

    Démocratie = pouvoir au peuple, d'accord ?

    Actuellement, notre seul pouvoir, c'est de voter.
    Très restreint, ce pouvoir, vous ne trouvez pas ?

    Nous constatons qu'un élu agit comme s'il avait carte blanche après son élection.
    Nous devons exiger avoir un droit de contrôle pour tout le temps de son mandat.
    Un droit de contrôle assorti à un droit de limogeage en cas de manquement grave.

    C'est ce rôle là que le comité citoyen doit avoir.
    Que les élus le soient d'une façon ou d'une autre n'est, pour moi, pas la première urgence. (j'ai peut-être tort ?)

    Je tiens aussi au tirage au sort des citoyens composant ce ou ces comités et au renouvellement annuel d'un tiers de cette assemblée.
    Qu'importe leur âge, leur fonction, leur sexe : le tirage au sort et le renouvellement feront une large représentation.

    Minimum 3 personnes par village, puis 6, 9, 12, etc... en fonction de l'importance de la commune.
    Avec pour rôle de contrôler les élus (maire, député et là on tire au sort parmi les comités de chaque commune, président de la république et là on tire au sort parmi les comités de circonscription, etc...)

    Pourquoi le tirage au sort ? (qui ne concerne que les comités citoyens)
    Parce que cela donne une chance à chacun de participer, même inconnu, même non soutenu par un parti ou autre organisation.
    Parce que cela coupe court à toutes questions sur la parité, par exemple, ou la représentation d'une partie ou autre de la population : le hasard décidera sans parti pris.

    Parce que cela finira par obliger chacun à s'impliquer, à s'informer, à se sentir concerné... c'est cela une démocratie.

    Pour moi, c'est le première priorité : impliquer les citoyens dans la République.

    Un élu n'a pas un pouvoir, il a une autorisation d'exercer une fonction.
    C'est ce qu'il faut admettre et faire admettre.
    Et cela ne concerne pas seulement les élus, mais aussi les nommés, comme les ministres.
    Les citoyens, ses "employeurs", ont le pouvoir de contrôler son travail, de le mettre en garde en cas de "mauvais" travail, de le faire démissionner en cas de manquement grave.
    Et qu'ils ne viennent pas se plaindre : dans la Grèce Antique un haut responsable qui ne remplissait pas sa mission était purement et simplement exécuté. (le tirage au sort aussi était une façon de désigner un acteur de la vie de la cité)

    Exemples :
    - dans l'affaire Woerth, le comité citoyen aurait eu le pouvoir d'exiger qu'une instruction soit ouverte par un juge d'instruction non impliqué. En fonction des résultats de cette enquête, le comité aurait exiger ou non la démission du ministre.
    - lors de la mise en place de la régression des retraites, le comité aurait pu exiger un référendum (3 millions de personnes dans la rue, 70% personnes défavorables à cette "réforme", c'est un bon motif pour organiser un référendum).

    C'est plutôt paradoxal que dans une démocratie, on en vienne à cherche le moyen que les citoyens aient plus de pouvoir, vous ne trouvez pas ?

    "l'état est notre serviteur, nous n'avons pas à en être ses esclaves" Albert Einstein.

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    Re: Assemblée Constituante : une proposition méthodologique (Caleb Irri)

    Message  miha le Mar 1 Fév - 11:48

    Sylvère Labis a écrit:......
    Il y a quelques mois, un anglais passant par Paris, rencontré à la librairie Lady Long Solo, nous alertait sur la révolution en Islande.
    ....

    Merci, Sylvère.
    Vive l'Islande ! (démocratie)
    Vive la Tunisie ! (ancienne dictature)
    Wouah ! ça bouge, ça bouge.... c'est bon signe... à quand notre tour ?
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    Re: Assemblée Constituante : une proposition méthodologique (Caleb Irri)

    Message  Sylvère Labis le Mar 1 Fév - 11:57

    Je suis pour le tirage au sort, c'est le bout de la démocratie !
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    Re: Assemblée Constituante : une proposition méthodologique (Caleb Irri)

    Message  Joinneau le Mar 1 Fév - 14:13

    Sylvère Labis a écrit:Généralement, la révolution commence sans violence. C'est toujours la réaction qui est violente et c'est pour ça qu'on parle de réactionnaires. Si la violence était mise en avant, le peuple ne suivrait pas. En 1936, c'était à la victoire pacifique du Front Populaire que les ouvriers ont fait la fête au lieu de reprendre le travail. Le peuple commence par réclamer pacifiquement ses droits.
    Agir n'empêche pas de réfléchir.
    Les gens savent toujours beaucoup plus de choses qu'ils ne croient. Ce qui leur manque c'est l'assurance. À plusieurs on est toujours plus intelligents que tout seul. Cessons de faire confiance à des spécialistes-charlatans.
    Si le langage que nous employons n'est pas assez juridique, peu importe, on redéfinit chaque mot en lui donnant le sens précis que l'on veut et ça rajeunira ce langage juridique qui date d'après la révolution de 1789, comme par hasard...
    Même les réflexions des philosophes, tout le monde les a en tête, sans même s'en douter. C'est notre sens de la justice, de l'égalité et de la solidarité.
    La république, c'est une architecture de conseils et d'assemblées, etc. Il faut commencer avec l'assemblée constituante et même au niveau de la rédaction des catalogues de revendications.

    ok pour le pacifisme du peuple, à un détail prêt...la prise de la bastille serait impossible aujourd'hui.
    La peur d'éventuels dérapages violents pousse les militants "révolutionnaires" a défiler en bon ordre, sans même tenter de forcer les barrages de police, et ce sur un parcours préalablement autorisé par la préfecture...
    Je caricacature un peu mais bon j'imagine la réponse de la préfecture si on lui demande:
    "bonjour monsieur le préfet, je vous demande si je puis organiser une révolution pacifique et vous demande de bien vouloir autoriser l'invasion pacifique de l'assemblée nationale, du sénat et du siège des grands médias...nous serons environ 3 millions..."


    Pas de transgression, pas de révolution.
    Si la violence vous fait peur au point d'éviter toute transgression, alors il n'y aura pas révolution.
    Une simple manifestation n'aurait pas suffit a libérer la bastille.

    "Les gens savent toujours beaucoup plus de choses qu'ils ne croient. Ce qui leur manque c'est l'assurance. À plusieurs on est toujours plus intelligents que tout seul."

    L'intelligence collective est déjà opérationnelle sur internet, c'est précisément l'objet de ma proposition de faire un wiki "constitutionnel" sur le modèle de wikipidia.
    Les problèmes d'assurance, je les ai résolu pour ma part, il suffit de se lancer et de ne pas avoir grand chose à perdre. Les tunisiens eux n'ont plus n'ont rien à perdre.
    En revanche les petits employés du G8 ont plein de choses à perdre, plein de crédits sur le dos, plein de projets familiaux ou professionnels en cours etc...c'est beaucoup plus difficile pour eux de se mettre "hors la loi"

    Il n'y a guère que les exclus, les retraités dont la vie est faite et les handicapés comme moi, qui sont protégés par la convention de genève, qui peuvent "monter au baston".

    Pas de révolution en vue, à moins d'une radicalisation des directions des partis politiques, mais cela m'étonnerait car ils ont plutôt tendance à calmer le jeu sur le terrain.

    Reste le wiki "constitutionnel" qui lui peut par contre être un outil fabuleux de transformation et de radicalisation des esprits. Le poisson pourrit par la tête.
    Smile

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